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Athlètes plus rapides : tout est dans le centre de gravité

vendredi 16 juillet 2010

Dans les livres des records, le sprinteur le plus rapide tend à avoir des ancêtres Ouest-Africains, et le nageur le plus rapide tend à être blanc. Une étude sur les athlètes d’élite ayant gagné des titres ces 100 dernières années révèle deux tendances distinctes : non seulement ces athlètes vont de plus en plus vite avec le temps, mais il y a une nette séparation entre les coureurs en termes de type de corps et de race.

L’an dernier, un ingénieur de l’Université Duke expliquait la première tendance, les athlètes vont de plus en plus vite parce qu’ils sont plus gros. Adrian Bejan, professeur d’ingénierie à Duke pense maintenant qu’il est en mesure d’expliquer la deuxième tendance.

Dans un article publiée dans l’International Journal of Design and Nature & Ecodynamics, Bejan et ses collègues argumentent en disant que la réponse se trouve dans les centres de gravité des athlètes. Ce centre tend à être localisé plus haut dans le corps des noirs que des blancs. Les chercheurs pensent que ces différences ne sont pas raciales, mais plutôt biologiques.

"Il y a tout un ensemble de preuves montrant qu’il y a des différences distinctes dans les types de corps parmi les blancs et les noirs" dit Jones, qui est spécialisé en obésité adolescente, en nutrition et en anthropométrie (l’étude de la composition du corps). "Il y a de véritables modèles qui sont décrits, que les coureurs les plus rapides soient Jamaïcains, Africains ou Canadiens, la plupart d’entre eux peuvent être généralement originaires d’Afrique de l’Ouest."

Jones explique que les nageurs tendent à venir d’Europe, et de ce fait à être blancs. Il fait également remarquer qu’il y a aussi des facteurs culturels à l’œuvre, comme un manque d’accès aux piscines pour ceux de statut économique moins élevé.

Les chercheurs disent que tout cela provient de la forme du corps, et non pas de la race.

"Les noirs tendent à avoir des membres inférieurs plus longs et de plus faible circonférence, ce qui signifie que leurs centres de gravité sont plus hauts comparés aux blancs de même taille" dit Bejan. "Les asiatiques et les blancs tendent à avoir des torses plus longs, ainsi leurs centres de gravité sont plus bas."

Les chercheurs citent des études passées sur le corps humain qui avaient trouvé qu’en moyenne, le centre de gravité était environ 3% plus haut chez les noirs que chez les blancs. En utilisant cette différence dans les types de corps, les chercheurs ont calculé que les coureurs noirs étaient 1,5% plus rapides que les blancs, tandis que les blancs avaient le même avantage sur les noirs dans l’eau. La différence pourrait sembler faible, dit Bejan, mais pas quand on considère que les records du monde en vitesse et en natation sont battus par des fractions de secondes.

Le centre de gravité pour un asiatique est même plus avantageux pour la nage que pour un blanc, mais parce qu’ils tendent à ne pas être très grands, ils ne battent pas de records, explique Bejan. "La locomotion est essentiellement un processus continu de chute en avant" dit Bejan. "La masse corporelle tombe vers l’avant, puis se redresse. La masse qui tombe d’une altitude plus élevée tombe plus vite. Dans une course, l’altitude est définie par la localisation du centre de gravité. Pour les nageurs les plus rapides, des torses plus longs permettent au corps de tomber plus loin, chevauchant la vague plus largement et plus rapidement."

Les chercheurs déclarent que cette évolution des types de corps et de l’augmentation des vitesses peut être prédite par la théorie constructale, une théorie du modèle naturel développée par Bejan, qui explique des phénomènes aussi divers que la formation du bassin d’un fleuve et la base de la locomotion animale.

Jones, un co-auteur, explique que les différences dans les densités corporelles entre les blancs et les noirs sont très bien documentées, ce qui permet d’expliquer d’autres différences sur la santé, comme l’observation que les femmes noires ont une plus faible incidence d’ostéoporose que les blanches à cause de la densité accrue de leurs os.

Il note que les problèmes culturels peuvent aussi jouer un rôle dans la forme de compétition que choisit un athlète, et dans laquelle il excelle. Jones, qui est noir, déclare : "quand j’ai grandi en Caroline Du Sud, nous étions dissuadés de faire de la natation. Il n’y avait pas plus d’encouragements pour nous en tant que jeunes pour nager qu’il y en avait pour jouer au football ou au basket. Avec un bon encouragement, cela n’aurait pas été toujours le cas, voyez les sœurs Williams au tennis ou Tiger Woods au golf."


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