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Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort

mercredi 20 octobre 2010

Des psychologues affirment que nous nous débrouillons beaucoup mieux dans la vie après être passé par quelques difficultés, que si nous n’en avons pas du tout surmontés. Tout le monde a déjà plus ou moins entendu ce proverbe, paraphrasant Nietzsche, qui déclare "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort", mais jusqu’à maintenant cela ne restait qu’un proverbe et rien d’autre, jusqu’à ce que la science vienne le confirmer.

Une étude nationale longitudinale de plusieurs années [1] sur les effets des événements désagréables de la vie sur la santé mentale, a découvert que les expériences pénibles apparaissaient encourager l’adaptabilité par la suite et la résistance, et il en résulte des avantages pour la santé mentale et le bien-être.

Cette étude a examiné un échantillon d’individus qui avaient rapporté l’histoire de leur vie, et notamment leurs expériences pénibles et les différentes mesures prises concernant leur santé mentale et leur bien-être.

Mark Seery, auteur principal de l’étude, déclare que des études passées avaient déjà indiqué que le fait d’avoir été exposé à des événements malheureux dans la vie avait des effets négatifs pour la santé mentale et le bien-être, et que plus de malheurs avait les pires résultats.

Mais dans cette étude, sur un échantillon de 2398 sujets évalués plusieurs fois entre 2001 et 2004, Seery et ses collègues ont trouvé que ceux qui étaient exposés à quelques événements pénibles avaient rapporté être en meilleure santé mentale et vivre mieux que ceux qui avaient vécu beaucoup de malheurs, ou ceux qui n’en avaient vécu aucun.

"Nous avons testé les relations quadratiques entre les malheurs durant la vie, et tout un ensemble de mesures longitudinales de la santé mentale et du bien-être, comprenant la détresse globale, les détériorations fonctionnelles, les symptômes de stress post traumatique et la satisfaction de la vie" dit Seery.

"En adéquation avec les recherches précédentes sur l’impact du malheur, des effets linéaires sont ressortis de nos résultats. En effet, plus de malheurs dans la vie étaient associés à une grande détresse globalement, à des problèmes fonctionnels et des symptômes de stress post-traumatiques, tout comme à une réduction de la satisfaction de la vie."

"Cependant, nos résultats ont aussi rapporté une forme sur le graphique en U, qui démontre un effet crucial à la relation, en apparence simple, entre les malheurs de la vie et ses conséquences."

"Nos résultats révèlent qu’un passé d’événements pénibles, relativement à aucun malheur ou à beaucoup de malheurs, était un indicateur d’une plus faible détresse globale, de moins de problèmes fonctionnels, de moins de symptômes post-traumatiques et d’une plus grande satisfaction dans la vie" ajoute-t-il.

L’équipe a également découvert que parmi ces mesures de l’étude, les individus ayant vécu quelques problèmes dans leur vie semblaient moins affectés par des événements malheureux récents que chez d’autres personnes.

Bien que ces données ne puissent pas établir de lien de causalité, les chercheurs disent que ces éléments de preuve sont en accord avec la proposition selon laquelle le fait de vivre des événements malheureux avec modération pouvait contribuer à développer une certaine forme de résistance.

"Bien que nous ayons étudié des événements pénibles majeurs, il y a des raisons de croire que les autres expériences relativement ordinaires puissent aussi contribuer à cette résistance. Ceci suggère que des interventions psychothérapeutiques prudemment conçues pourraient être en mesure d’y parvenir aussi, bien que cela exigerait beaucoup plus de travaux pour bien comprendre cette résistance et se provenance."

Références :

[1] Whatever Does Not Kill Us : Cumulative Lifetime Adversity, Vulnerability and Resilience. Journal of Personality and Social Psychology.


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