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Comment les œstrogènes modifient l’absorption des graisses chez les femmes

mercredi 3 avril 2013

Les femmes tendent à stocker de la graisse en excès sur les hanches et les cuisses, tandis que les hommes tendent à avoir une accumulation de gras sur le ventre. Mais après la ménopause, les choses commencent à changer : le mode de stockage de la graisse de nombreuses femmes commence à ressembler à celui des hommes. Ceci indique qu’il y a un lien entre les œstrogènes et le stockage de la graisse corporelle. Cette connexion était déjà bien documentée, mais les mécanismes sous-jacents restaient mal compris jusqu’à ce jour.

Une étude réalisée par Sylvia Santosa de l’Université Concordia publiée dans le journal Diabetes [1] apporte un nouvel éclairage sur la connexion entre le stockage de la graisse et les œstrogènes. En examinant le processus de stockage de gras au niveau cellulaire, Santosa et ses collègues ont révélé que certaines protéines et enzymes étaient plus actives chez les femmes après la ménopause. Ces protéines correspondent au stockage de la graisse.

"La graisse stockée sur nos hanches et nos cuisses, est relativement sans danger" explique Santosa. "Mais la graisse stockée autour de l’abdomen est plus dangereuse. Elle a été associée aux diabètes, aux maladies cardiovasculaires, aux attaques et même à certains cancers. Quand les femmes ménopausées accumulent plus de graisse abdominale, elles augmentent dramatiquement leur risque pour ces problèmes de santé. Au vu de ces dangers, il est important de comprendre comment la façon dont les bas niveaux d’œstrogènes associés à la ménopause modifient la localisation où la graisse est stockée".

La recherche de Santosa a comparé le stockage de la graisse chez les femmes avant et après la ménopause. Les 23 femmes qui ont participé à l’étude étaient dans la même tranche d’âge, et elles avaient un Indice de Masse Corporelle (IMC) et une composition de graisse corporelle identique. Ces similarités ont permis à la chercheuse d’isoler les effets des œstrogènes sur l’absorption et le stockage de la graisse.

Elle et ses collègues ont été en mesure d’examiner l’activité de certaines enzymes et protéines qui régulent le stockage de la graisse dans les abdomens et les cuisses chez les femmes ménopausées. En considérant ensembles ces facteurs plutôt qu’isolément, les chercheurs ont conclu que la "machinerie" de stockage de graisse globale est plus active chez les femmes après leur ménopause. En d’autres termes, ces cellules stockent maintenant plus de graisse qu’elles ne le faisaient avant la ménopause.

En outre, les femmes ménopausées brûlent moins de graisse que leurs homologues avant leur ménopause. Ces changements signifient que leurs cellules stockent non seulement plus de graisse, mais qu’elles sont aussi moins disposées à s’en débarrasser. Cette combinaison est la recette idéale pour prendre rapidement du poids. "Pris ensembles, ces changements dans les processus corporels pourraient être plus que surprenants, et bouleversants, pour les femmes qui avaient déjà auparavant du mal à gérer leur poids" commente Santosa.

Bien que l’activité cellulaire accrue révélée par cette étude ne fût pas spécifique à la région abdominale, plus de graisse stockée signifie globalement plus de graisse sur le ventre. Les preuves de changement dans les voies de stockage de la graisse après la ménopause représentent une importante contribution à la compréhension expliquant pourquoi les femmes ménopausées commencent à accumuler plus de graisse viscérale.

Santosa de conclure : "l’information révélée par notre étude est valable non seulement pour les femmes ménopausées et leur médecins, mais aussi plus généralement pour les études sur l’obésité. Une image plus claire des protéines et des enzymes qui augmentent le stockage de la graisse en fait des cibles plus productives dans le cadre des progrès médicaux pour la lutte contre l’obésité".

Références :

[1] S. Santosa, M. D. Jensen. Adipocyte Fatty Acid Storage Factors Enhance Subcutaneous Fat Storage in Postmenopausal Women. Diabetes, 2012 ; 62 (3) : 775 DOI : 10.2337/db12-0912.


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