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Comment réduire le risque de déclin cognitif avec l’âge ?

vendredi 15 septembre 2017

La recherche sur les moyens de conserver nos cerveaux en bonne santé en vieillissant prend de plus en plus d’ampleur ces dernières années. Elle se concentre d’ailleurs sur les changements que nous pouvons opérer pour notre santé et sur mode de vie, qui peuvent prévenir la démence (sénile). Voici certaines choses qui ont été validées par la recherche et qui peuvent réduire le risque de déclin cognitif.

Le sexe

Une étude récente montre que le fait d’avoir des relations sexuelles est associé à un meilleur fonctionnement cognitif [1].

28 hommes et 45 femmes ont été recrutés pour cette étude, âgés de 50 à 83 ans. Les chercheurs ont découvert que ceux qui avaient des relations sexuelles toutes les semaines avaient un score plus élevé de 2 % en moyenne dans des tests cognitifs par rapport à celles et ceux qui faisaient l’amour une fois par mois seulement, et 4 % plus élevés que ceux qui ne faisaient jamais l’amour. Ces résultats sont apparus lors de tests sur l’aisance verbale (comme de citer le plus d’animaux possible en une minute) et sur les aptitudes visuo-spatiales (dessiner des objets familiers de mémoire ou copier des images complexes).

Cette association pourrait être la conséquence des niveaux plus élevés d’intimité et de compagnie inhérents aux relations sexuelles (c’est-à-dire une augmentation des contacts sociaux), ou il pourrait être y avoir tout simplement une explication biologique – dans laquelle des poussées régulières de l’excitation et de la libération des hormones associées au sexe (comme l’ocytocine et la dopamine) pourraient modifier le fonctionnement du cerveau. Bien entendu, comme pour le vieux débat nature/culture, cette réponse peut résider dans une combinaison de l’impact social et biologique de l’activité sexuelle.

Le sommeil

De nombreuses études montrent que le fait d’avoir suffisamment de sommeil est important pour prévenir le déclin cognitif. Une étude sur des personnes en bonne santé mentale âgées de 65 ans et plus a montré que la sieste en journée est associée à un risque plus faible de déclin cognitif dans le cadre de suivis sur deux ans et dix ans [2]. À l’inverse, trop de sommeil pendant la journée et moins de six heures et demie de sommeil la nuit sont associés à un risque plus important de déclin cognitif lors d’un suivi sur 10 ans.

Une autre étude a montré que des durées de sommeil plus longues et de qualité plus médiocre étaient associées à une plus mauvaise mémoire chez des hommes et femmes de 65 ans et plus. Ces études confirment toutes le conseil qu’il faut dormir au moins huit heures environ la nuit. Les insomnies apparaissant au début de l’âge adulte sont associées à un mauvais fonctionnement cognitif plus tard dans la vie [3], ce qui montre combien le sommeil peut affecter la santé de nos cerveaux tout au long de la vie.

Les activités de loisir

Des études ont montré que le fait d’augmenter la participation dans des activités sociales, mentales et physiques est associé à un taux plus bas de déclin cognitif chez les adultes les plus âgés [4]. Cette recherche montre une relation de "dose-réponse", où plus on fait d’activités et plus le taux de déclin cognitif diminue.

Les activités suivantes sont de bons exemples du type d’activités mentales, sociales et physiques qui sont bons pour votre cerveau :

- Mentales : les jeux, les quiz et les puzzles, la lecture ou même retenir sa liste de courses par cœur pour aller au supermarché.
- Sociales : visiter des amis et la famille, téléphoner régulièrement ou envoyer des mail à d’autres personnes, aller au cinéma ou faire des activités bénévoles.
- Physiques : jardinage, tâches ménagères, marcher pendant au moins 30 minutes par jour ou faire des exercices.

L’égalité des sexes

Les études ont trouvé que les femmes pourraient courir moins de risques de déclin cognitif, tout simplement grâce aux activités qu’elles choisissent de faire. Il y a peu de choses que nous puissions faire pour modifier notre sexe sans avoir recours à la chirurgie – mais il faut être conscient des stéréotypes et des attentes relatifs au sexe qui nous entourent et qui peuvent affecter les activités que nous faisons.

Dans une étude sur des adultes Australiens âgés [5], il y avait des différences de genre notables dans les activités de loisir pratiquées. Par exemple, les femmes étaient plus susceptibles de faire des activités sociales, de lire et de travailler bénévolement, qui sont toutes connues pour ralentir le déclin cognitif. La façon dont les cultures et les sociétés perçoivent les rôles de chaque sexe peut affecter les attentes des gens sur eux-mêmes et sur les autres. Si cela change le mode de vie et les activités de loisir que les hommes et les femmes font, alors cela pourrait bien avoir un effet sur leurs capacités cognitives plus tard dans leur vie [6].

Il faut commencer tôt

Quand il s’agit de faire des choses pour prévenir tout déclin cognitif, il n’est jamais trop tard pour commencer. Certaines études montrent que les interventions chez des adultes déjà vieux ont peu d’effet – mais cela peut venir du fait que les participants souffrent déjà de troubles mentaux [7]. Les études qui cartographient le taux de déclin cognitif chez les adultes les plus âgés qui ne souffrent pas encore de démence ni de troubles mentaux affichent cependant des résultats prometteurs [8].

Nous vivons tous une baisse cognitive en vieillissant. C’est un processus naturel et il survient à des niveaux différents selon les individus, tout comme le déclin physique avec l’âge. Mais il est temps de commencer à traiter cela plus tôt dans la vie, plutôt que d’attendre 40 ans ou plus pour agir. Il est temps pour tout le monde d’avoir une approche de sa vie à plus long terme afin de conserver un cerveau en bon état de fonctionnement en vieillissant.

Références :

[1] J Gerontol B Psychol Sci Soc Sci. 2017. Frequent Sexual Activity Predicts Specific Cognitive Abilities in Older Adults.

[2] Sleep Med. 2012 ;13(7):886-92. What sleep characteristics predict cognitive decline in the elderly ?

[3] Sleep earlier in life and late life cognition : multicenter population data from Sweden and Finland. Innovation in Aging, Volume 1, Issue suppl_1, 2017, pp 156.

[4] Late Life Leisure Activities and Risk of Cognitive Decline. The Journals of Gerontology : Series A, Volume 68, Issue 2, 2013, pp 205–213.

[5] Cognitive Lifestyle in Older Persons : The Population-Based Sydney Memory and Ageing Study. Journal of Alzheimer’s Disease, vol. 36, no. 1, pp. 87-97, 2013.

[6] As You Sow, So Shall You Reap : Gender-Role Attitudes and Late-Life Cognition. Psychological Science.

[7] Lancet Neurol. 2017 May ;16(5):377-389. Effect of long-term omega 3 polyunsaturated fatty acid supplementation with or without multidomain intervention on cognitive function in elderly adults with memory complaints (MAPT) : a randomised, placebo-controlled trial.

[8] Role of physical exercise on cognitive function in healthy older adults : A systematic review of randomized clinical trials. Ageing Research Reviews, Volume 37, 2017, pp 117-134.


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