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Crise cardiaque avant 40 ans : le sport est-il dangereux ?

lundi 29 octobre 2012

C’est une nouvelle tragique qui fait souvent les gros titres : un jeune athlète en bonne santé et en forme s’effondre soudain et décède d’un arrêt cardiaque pendant qu’il faisait du sport.

Le Dr. Andrew Krahn de l’Université de Colombie Britannique, qui présente son étude lors du Congrès Canadien Cardiovasculaire sur les décès par crise cardiaque, suggère que c’est un problème qui justifie qu’on y porte attention, mais qu’il ne faut pas pour autant blâmer le sport (hormis certains cas de dopage avérés).

Le Dr Krahn et une équipe de chercheurs ont passé en revue les comptes-rendus de certains médecins légistes, et ils ont trouvé qu’il y a eu 174 cas de morts subites présumées en Ontario en 2008 sur des personnes âgées entre 2 et 40 ans.

Une maladie cardiovasculaire était présente dans 126 cas (72%), dont 78% n’avaient jamais été diagnostiquées et étaient inconnues. La majorité des victimes étaient des hommes (76%) âgés entre 18 et 40 ans (90%).

Avec une mort subite par crise cardiaque, des individus qui semblent être en parfaite santé peuvent décéder brutalement. Chaque année, jusqu’à 40000 Canadiens meurent d’arrêt cardiaque soudain. Une proportion significative de ces cas survient chez des individus jeunes et qui semblaient en bonne santé.

La recherche du Dr Krahn écarte un mythe selon lequel les arrêts cardiaques surviennent le plus souvent pendant une activité physique vigoureuse. En fait, il a découvert que la majorité des événements (72%) se produisaient à la maison. Seuls 33% des événements qui impliquent des enfants et/ou des adolescents, et 9% de ces événements chez les adultes, surviennent pendant un exercice physique modéré ou vigoureux.

"Vu comme ça, si vous avez un enfant de 13 ans qui n’est pas un athlète très connu et qui décède à la maison pendant qu’il regardait la télévision, cela ne fait pas les gros titres aux infos" dit le Dr Krahn. "Mais si le même enfant est une star de football ou de hockey, alors on en parlera".

Quelque-soit la localisation de l’événement cardiaque, le Dr Krahn pense que sa recherche éclaire ce problème. "Cela nous donne une idée de la portée du problème, il y a presque 200 jeunes gens qui décèdent brutalement chaque année en Ontario. Une bonne proportion d’entre eux avait une maladie cardiaque inconnue. Ainsi, la question est : comment peut-on l’anticiper avant que ça arrive ?

Il propose de porter plus d’attention aux signes annonciateurs comme les syncopes. Il pense que les professeurs, les entraineurs et un public alerté et conscient pourraient être décisifs pour détecter le risque, assurer la prévention et l’évaluation médicale formelle et les premiers soins.

"Je serais partisan d’une analyse plus fine des personnes qui s’évanouissent, en utilisant des questionnaires et une formation de professionnels des soins pour que quand les signes d’alerte apparaissent, ils les reconnaissent et que cette information soit délivrée aux bonnes personnes" dit-il. Les formations en réanimation cardio-pulmonaire et la pose de défibrillateurs devraient être généralisés dans les écoles, stades et salles de sport, ce qui pourrait sauver de nombreuses vies.


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