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Des raccourcis cognitifs trompent notre évaluation de la consommation calorique et du poids

mercredi 17 juin 2009

Des psychologues de l’Université de Pennsylvanie ont identifié un raccourci cognitif, ou heuristique, qu’ils nomment "biais d’unité", qui fait que les gens ignorent une information vitale et importante dans le cadre de leur processus de prise de décision, ce qui cause une erreur fondamentale dans leur esprit moderne évolué, et qui pourrait aussi jouer un rôle dans cette prise de poids de la population depuis 30 ans.

Les chercheurs, qui se sont concentrés sur les aspects cognitifs contribuant à l’obésité, ont réalisé plusieurs études [1] avec des participants lycéens auxquels ils ont demandé d’estimer le poids d’une femme adulte soit à partir de photographies, soit à partir d’une présentation de modèles en direct. On a demandé à d’autres participants étudiants d’estimer le total des calories d’un des deux repas présentés. Les deux repas contenaient les mêmes aliments, mais l’un d’eux avait des tailles de portions plus importantes que l’autre.

Les résultats ont montré que quand ils estiment le poids de corps des femmes, les participants ne tiennent pas compte ou ignorent apparemment l’information donnée sur la taille (hauteur), et se focalisent uniquement sur la largeur du modèle. Dans certains exemples, les chercheurs auraient augmenté les informations fournies sur la taille des modèles jusqu’à 25 cm, que cela n’aurait pas modifié les estimations des participants sur le poids des modèles.

Quand il s’agissait d’estimer les calories, les évaluations des participants sur les tailles des portions étaient culturellement typiques, et ils ne devinaient aucune différence entre les grosses portions et les petites.

Ces résultats sont comme si on demandait à une assemblée de personnes de calculer le volume d’une boite en leur donnant seulement la hauteur et la largeur, mais que personne ne pose de questions à propos de la profondeur. Ou, plus précisément, que la profondeur soit fournie mais que personne ne prête attention à cette dimension cruciale pour l’évaluation, rendant ainsi impossible d’arriver à trouver une réponse correcte.

L’étude suggère qu’il y a des situations où les dimensions critiques pour comprendre sont dévaluées ou ignorées. L’article examine différentes circonstances découvertes par les chercheurs où une simple dimension domine des jugements multidimensionnels. Dans ces études, les participants ont estimé le poids d’un corps en se reposant sur la forme du modèle, même si l’information sur la taille (hauteur) était donnée sur les photographies ou directement disponible auprès des modèles en direct. Les participants dévaluaient ou ignoraient complètement les autres paramètres critiques pour un jugement précis.

Les psychologues de Penn présentent l’étude comme un nouvel exemple du "paquet" que constituent les artéfacts négatifs dans lequel a évolué le processus d’information du cerveau. L’esprit a évolué pour développer une capacité à libérer notre pensée consciente pour la réserver aux situations dangereuses et de reproduction. Par exemple, un conducteur à un feu vert n’a pas besoin de passer par tout un cycle de séries de décisions. Vert signifie simplement "rouler". Le cerveau a évolué pour éliminer les situations ou les tâches communes ou répétitives de notre conscience parce la capacité de notre conscience est très limitée.

Ce que ces études associent ensemble, c’est qu’une information manquante était littéralement donnée aux participants, et pourtant ils ne l’utilisaient pas.

"Nous avons des heuristiques dans nos cerveaux, de simples raccourcis mécaniques qui ont évolué sur des centaines de milliers d’années, qui libèrent un précieux espace dans notre conscience" explique Andrew Geier, principal auteur au Département de Psychologie de la Penn’s School of Arts and Sciences." Dans ces exemples atypiques, cependant, c’est le raccourci qui nous choque."

Les chercheurs pensent que les artéfacts négatifs de l’esprit évolué pourraient être directement connectés à l’épidémie d’obésité.

"Nous avons évolué dans un environnement très différent" dit Geier. "La nourriture était rare à l’époque, et vous avaliez ce qui était disponible parce que vous ne saviez pas quand aurait lieu le prochain repas. Ce n’est plus le cas de nos jours. Bien que nous ayons maintenant à le prouver, nous croyons que l’écologie de l’alimentation, dans l’environnement alimentaire actuel, est devenu un exemple de ces situations atypiques démontrées dans cet article, qui pourrait expliquer pourquoi presque 70% des adultes américains sont soit en surpoids soit obèses. Ceci représente une explication cognitive du gain de poids des américains. L’environnement alimentaire a été modifié dans un scénario où nos mécanismes mentaux habituellement utiles nous trahissent."

Références :

[1] Experimental Psychology Journal


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