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Il faut plus d’un an pour être un vrai sportif

mardi 1er mars 2011

L’une des premières idées reçues à combattre dans le monde de la santé et du sport est bien celle de la solution immédiate et rapide. Ce qu’une étude Canadienne a confirmé [1].

Selon des chercheurs de l’Université d’Alberta et de l’Ontario, même après avoir suivi pendant six mois un programme de remise en forme, les nouveaux sportifs sont toujours des novices à côté des sportifs réguliers en termes de motivation.

Bien que ces nouveaux sportifs vivent une amélioration positive dans leur tête pendant les huit premiers mois d’entraînement régulier, leur attitude face à l’exercice physique après une moitié d’année était toujours loin de celle des "fondus" du sport, un résultat qui permet d’expliquer les nombreux abandons et les chutes de fréquentation régulières des salles de gym.

"Vous êtes toujours en ’transition de motivation’ pendant plus d’un an" déclare l’auteur de l’étude, Wendy Rodgers de l’Université d’Alberta. "Je dis toujours que je suis une espèce d’avocat de la démotivation, parce que les gens arrivent avec de grands espoirs en croyant qu’ils seront en pleine forme en quatre semaines, ce à quoi je leur réponds que ce ne sera pas le cas."

Pour le dire en termes simples, elle affirme que les motifs des nouveaux sportifs naviguent le long d’un spectre qui, à l’une des extrémités, comprend des éléments de motivation comme la culpabilité, la honte et un désir de récompense extérieure, et qui comprend à l’autre extrémité des éléments plus convaincants comme l’appréciation de l’exercice physique en soi, et le fait de considérer le sport comme une partie de son identité.

Les individus qui se lancent dans le sport (ceux qui au moins pendant les six premiers mois n’en ont fait qu’une fois par semaine) et les sportifs de longue date (ceux qui font du sport quatre fois par semaine depuis en moyenne 8,76 années) vivent chacun des motifs de part et d’autre du spectre. Mais les nouveaux sportifs restent principalement motivés par des forces extérieures six mois plus tard, tandis que ceux qui en font toute leur vie étaient principalement motivés par des forces internes, qui sont celles qui sont les plus susceptibles d’avoir pour résultat un engagement sur le long terme.

"Nous faisons face à une industrie qui soutient le mythe qu’après six mois vous aurez atteint ce qu’ils appellent l’’étape d’entretien’, où tout sera en ordre et où vous n’aurez plus à faire spécialement attention à ce que vous faites" dit Rodgers. "C’est tout à fait faux."

L’étude suggère qu’une partie du problème pourrait venir de ce que les gens en attendent trop et trop tôt, et jettent leur carte de membre de la salle de sport après quelques mois de consécration parce qu’ils n’aiment toujours pas faire de l’exercice.

"Les entreprises de remise en forme sont totalement corrompues par des solutions toutes faites et rapides qui font que les gens abandonnent" explique le chercheur. C’est ce qui explique le fort turn over dans les salles de sport, et les adhésions payées mais utilisées pendant quelques semaines seulement.

"Sur une population de salle de sport, vous pouvez considérer qu’environ 20% des gens viennent régulièrement faire du sport " explique-t-il. "Et c’est encore pire avec les membres qui n’ont aucun entraineur pour les motiver."

La bonne nouvelle, selon ces experts de l’éducation physique, c’est que les motivations externes chez les nouveaux sportifs ne présagent pas forcément d’un échec, tout comme les motivations internes ne sont pas une panacée contre la faiblesse humaine.

Cependant, il n’y a pas qu’un seul type de motivation, ou classe de motivations, qui soit utopique et qui permette d’obtenir ces merveilleux résultats. Le fait est qu’à la fin des six mois, les nouveaux sportifs ne sont toujours pas au même niveau que ceux qui aiment régulièrement transpirer en faisant du sport, mais cela ne veut pas dire qu’ils ne les rattraperont pas un jour.

Références :

[1] Becoming a regular exerciser : Examining change in behavioural regulations among exercise initiates. Psychology of Sport and Exercise, Volume 11, Issue 5, Sept 2010, pp 378-386. Wendy M. Rodgers, Craig R. Hall, Lindsay R. Duncan, Erin Pearson, Marcia I. Milne.


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