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L’activité physique n’est pas d’une grande aide contre la dépression

vendredi 15 juin 2012

Les recommandations cliniques habituelles recommandent l’activité physique afin de soulager les symptômes de la dépression. Cependant, une recherche publiée dans le British Medical Journal [1] suggère que le fait d’ajouter de l’activité physique aux soins habituels ne diminue pas les symptômes de la dépression plus que les soins seuls, même si cela permet d’augmenter les niveaux d’activité physique.

La dépression est l’une des raisons les plus fréquentes de consultation, et elle affecte une personne sur dix en Grande-Bretagne au moins une fois. Jusqu’à maintenant, la plupart des preuves sur l’effet positif de l’activité physique dans le traitement de la dépression tiraient leur origine d’études de petite taille, non cliniques et qui avaient utilisé des interventions qui ne seraient pas faisables dans le cadre d’une méthodologie médicale rigoureuse.

L’étude TREAD, dirigée par des chercheurs des Universités de Bristol, d’Exeter et du Peninsula College of Medicine & Dentistry, est la première étude à grande échelle, randomisée et contrôlée, à établir si une activité physique devaient être utilisée dans les soins de santé primaire pour aider à traiter les adultes dépressifs.

Les chercheurs ont recruté 361 patients âgés entre 18 et 69 ans qui avaient été récemment diagnostiqués comme dépressifs. Les participants de l’étude ont ensuite été répartis en deux groupes pour recevoir soit une intervention d’activité physique en plus de leurs soins habituels, ou des soins habituels, et ont été suivis pendant 12 mois pour évaluer toute évolution de leurs symptômes.

Mélanie Chalder déclare : "de nombreuses études ont rapporté des effets positifs de l’activité physique pour les gens qui souffrent de dépression, mais notre intervention ne constituait pas une stratégie efficace pour réduire les symptômes. Cependant, il est important de noter qu’augmenter l’activité physique est bénéfique pour les individus qui souffrent d’autres conditions médicales telles que l’obésité, les diabètes et les maladies cardiovasculaires, et bien entendu, ces troubles peuvent aussi affecter les gens touchés par la dépression."

John Campbell, de l’Université d’Exeter, commente : "de nombreux patients qui souffrent de dépression préféreraient ne pas avoir à prendre les médicaments antidépresseurs traditionnels, mais au lieu de cela aimeraient considérer une alternative non médicamenteuse. Le sport et l’activité physique semblaient prometteurs comme traitement, mais cette étude rigoureuse et bien conçue a montré que le sport n’est pas efficace pour le traitement de la dépression."

"Un résultat important, cependant, est l’observation selon laquelle l’approche que nous avons utilisée résultait en une augmentation soutenue de l’activité physique des personnes qui travaillaient avec nos entraineurs. Bien que leur activité plus importante n’ait pas eu pour résultat d’amélioration de la dépression, l’approche que nous avons utilisée présente un potentiel dans des domaines autres que la dépression, et nous espérons pouvoir les explorer dans d’autres études."

Références :

[1] Facilitated physical activity as a treatment for depressed adults : randomised controlled trial. British Medical Journal, 2012.


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