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L’allaitement pas si bénéfique qu’on le pense

dimanche 7 février 2010

Vous vous sentez coupable de pas pouvoir allaiter votre enfant ? Restez calme ! Une recherche montre que le lait maternel n’est pas si important ni pour la santé de la mère, ni pour celle de l’enfant.

Des chercheurs de l’Université des Sciences et Technologie de Norvège ont découvert que l’association entre l’allaitement et la santé de l’enfant n’est pas aussi fort qu’on le croyait. Il est vrai que les nourrissons nourris au sein sont légèrement en meilleure santé que les bébés nourris au biberon. Mais apparemment, ce n’est pas le lait qui fait la différence. Au lieu de cela, la santé générale du bébé est toute entière déterminée avant qu’il naisse.

Alors pourquoi tant d’études associent-elle l’allaitement à une meilleure santé chez les jeunes bébés ? La réponse est simple : si une mère est en mesure d’allaiter et le fait, cette aptitude est essentiellement une preuve que le bébé a déjà eu une préconception optimale dans l’utérus de sa mère.

Les hormones comme déterminant

Des chercheurs du Département de la Recherche sur le Cancer et de Médecine Moléculaire de l’Université de Norvège ont récemment trouvé une corrélation entre les niveaux des hormones mâles (les androgènes) chez les femmes enceintes, et leurs capacités d’allaitement après la naissance.

"Les femmes enceintes qui ont des niveaux élevés d’androgènes allaitent moins" dit le Professeur Sven Carlsen. "Il s’agit probablement d’un effet des hormones qui limite simplement la capacité de l’allaitement, en réduisant la production de lait maternel."

Par exemple, il y a un lien clair entre la testostérone et la capacité d’allaiter. En fait, jusqu’en 1980, où des médicaments plus adaptés ont été introduits, on utilisait la testostérone pour stopper la production de lait dans les circonstances où cela était nécessaire.

"C’était une des raisons que nous voulions étudier : savoir si les effets attribués au lait de la mère devaient être réellement attribués à des facteurs hormonaux chez les femmes enceintes" explique Carlsen.

Ce n’est pas une question de volonté

Carlsen et ses collègues ont cherché pendant des années les connexions entre les conditions pour le fœtus in utero, et les effets qu’ont ces conditions sur le nouveau-né. Entre autres choses, ils ont regardé l’association entre les niveaux de testostérone et différents facteurs de risque dont on croyait qu’ils affectaient l’allaitement.

Les femmes qui fument, ou qui sont en surpoids, ou qui ont des désordres hormonaux comme le syndrome ovarien polykystique, tendent à moins allaiter que leurs paires. Toutes les femmes de ces groupes ont des niveaux plus élevés de testostérone dans leurs corps quand elles sont enceintes.

Au contraire, plus une femme est âgée, plus elle est susceptible d’allaiter. Toutes ces associations peuvent être expliquées par le niveau de testostérone, dit Carlsen. "Ainsi, ce n’est pas de la volonté de la femme d’allaiter. Les femmes qui ont plus de testostérone dans leur corps pendant la grossesse sentent les effets d’une hormone qui limite l’allaitement. C’est pourquoi il n’est pas si facile d’allaiter."

Le placenta est la clé

Carlsen pense que c’est le placenta, et non le lait, qui a le plus d’effet sur la santé de l’enfant.

"Ce qui ce passe c’est qu’il y a des hormones qui proviennent du fœtus qui sont converties en testostérone et en œstrogène dans le placenta, si le processus se déroule comme il le devrait. C’est un processus intensif en énergie. Si le placenta n’a pas assez d’énergie, une partie de la testostérone qui aurait du être convertie en œstrogène ne sera en fait pas convertie. Alors ce qui se passe c’est que la testostérone va directement à la mère et à l’enfant, et affecte probablement les deux" dit-il.

Pour la mère, cela signifie une réduction du développement des tissus glandulaires de la poitrine, et donc la capacité de fabriquer du lait ne se développe pas de façon optimale pendant la grossesse. Ceci se traduit en moins de lait, ou pas de lait maternel du tout.

Pour l’enfant, c’est comme si une exposition accrue à la testostérone en tant que fœtus pouvait conduire à une incidence accrue d’obésité, de diabète de type 2 et de syndrome ovarien polykystique (SOP) pour les filles.


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