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L’impact de l’angle du pied et du tibia sur les blessures du coureur

mercredi 8 février 2017

La course à pieds est l’une des formes de sport les plus populaires. Malgré les nombreux avantages qu’il apporte, les blessures de course sont fréquentes avec des taux qui vont de 19,4 % à 79,3 %. Les modes de frappe au sol avec le pied ont fait l’objet de nombreux débats notamment en ce qui concerne les risques de blessures chez les coureurs. Les types de frappe au sol se rangent dans trois catégories : la frappe du sol avec l’arrière du pied dans laquelle le coureur atterrit sur le sol sur son talon, le milieu du pied ou le coureur frappe le sol avec son pied à plat, et sur l’avant du pied.

Les coureurs qui atterrissent sur l’arrière du pied représentent 69 % à 95 % des coureurs d’endurance de haut niveau et des amateurs de nos jours. La frappe au sol sur l’arrière du pied est associée à un impact brusque et à une force plus importante appliquée sur le genou et sur le pied (le taux de charge), qui peut conduire à des blessures.

Les coureurs qui courent sur l’avant du pied ont rapporté être moins victimes de blessures que ceux qui frappent le sol avec l’arrière. Plutôt que de changer de mode de course à pieds pour adopter un atterrissage sur l’avant du pied qui met du temps à s’ajuster, il a été proposé de frapper le sol avec un pied moins "dorsiflexé" et un tibia plus vertical qui est un moyen de réduire l’impact sur le genou et sur le pied. En d’autres termes, il faut atterrir sur le sol avec un pied presque plat.

Pour ce faire, les chercheurs ont récemment étudié la relation entre l’angle du pied (formé entre le sol et le pied lors du contact initial) et l’angle tibial (l’angle du tibia d’un atterrissage perpendiculaire) avec le taux de charge vertical moyen et avec les taux de charge verticaux instantanés. Ces taux de charge sont un sous-ensemble de valeurs impliquées dans les forces de réaction au sol. Cette force (de réaction au sol) est celle qui est exercée par le sol sur le corps au moment où le corps entre en contact avec le sol.

"Chez les coureurs, l’association entre des taux de charge élevés et les risques de blessures a été démontrée dans des études précédentes," dit le Dr Robert Diaz, auteur de l’étude. "Pour obtenir cette information quantifiable, une clinique devra utiliser un équipement couteux comme un tapis de course équipé de caméras de mouvement et des logiciels performants pour analyser des modèles en 3D et les données sur les forces exercées. Notre équipe de recherche voulait identifier un intermédiaire pour les taux de charge des impacts et tenter d’utiliser cette information sans avoir besoin de cet équipement couteux. Les intermédiaires que nous avons choisis comprenaient les valeurs des angles du pied et du tibia sur la démarche, obtenus en utilisant une caméra numérique. Nous avions fait l’hypothèse que ces coureurs qui frappent le sol sur l’arrière du pied avaient des angles du pied et du tibia plus élevés, et que cela aurait un impact plus important sur les taux de charge, et donc plus de risque de blessures."

Les chercheurs ont étudié 110 coureurs qui couraient pieds-nus. 69 de ces coureurs ont été traités pour une blessure au moment de l’étude, et 41 d’entre eux étaient en bonne santé. Le groupe, qui avait été séparé en deux entre les femmes et les hommes, était âgé en moyenne de 36 ans, avait un IMC de 23 et courait sur l’arrière du pied.

Chaque participant a couru sur un tapis de course pendant qu’il était filmé par une caméra haute vitesse qui enregistrait 10 pas consécutifs du pied gauche. Les scientifiques ont utilisé la vidéo pour calculer les angles moyens du pied et du tibia, tout comme les taux de charge verticaux moyens et les taux de charge instantanés de chaque participant.

Dans le groupe des coureurs blessés, l’équipe de recherche n’a pas trouvé d’association entre les angles du pied et du tibia et les taux de charge moyens verticaux ou les taux de charge verticaux instantanés. L’angle moyen du pied était identique entre le groupe des coureurs blessés et le groupe des coureurs en bonne santé, mais l’angle tibial était plus élevé chez les coureurs sans blessures. La signification de ceci n’est pas claire. En fin de compte, les taux de charge moyens verticaux et instantanés étaient plus élevés chez les coureurs blessés que chez les autres, ce qui est cohérent avec les recherches précédentes.

"A partir de notre étude, les angles du pied et du tibia d’un coureur qui frappent le sol sur l’arrière du pied ne sont malheureusement pas bien corrélés avec les taux d’impact de la charge," dit Diaz. "Nous recommandons de ne pas utiliser ces angles pour estimer la charge de l’impact chez les coureurs. Nos données montrent qu’il y a d’autres contributeurs, à côté des angles du pied et du tibia, qui sont importants pour déterminer les valeurs de la charge de l’impact. Pour ces coureurs qui veulent réduire leur charge d’impact et leur risque de blessure, nous recommandons de faire une évaluation en laboratoire."


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