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L’inactivité n’est pas un contributeur de l’épidémie d’obésité infantile

samedi 10 juillet 2010

Le fait d’être gros conduit à l’inactivité, mais l’inactivité ne fait pas grossir.

Un nouveau compte-rendu de l’étude EarlyBird Diabetes [1] suggère que l’activité physique a peu, voire pas du tout, de rôle à jouer dans l’épidémie d’obésité chez les enfants. L’obésité est un facteur clé dans les diabètes, les maladies cardiovasculaires et certains cancers.

L’étude EarlyBird est basée à l’Ecole Médicale de Plymouth au Royaume-Uni, et a observé en détail une cohorte d’enfants écoliers ces 11 dernières années.

Une revue publiée en 2009 de toutes les études utilisant l’activité physique pour réduire l’obésité infantile a montré que la perte de poids s’établissait seulement à 90 grammes sur trois ans, et l’étude EarlyBird voulait savoir pourquoi les études étaient si inefficaces. Ils ont donc testé quelques paradigmes populaires.

Il est bien connu que les enfants les moins actifs sont plus gros, mais cela ne signifie pas, comme la plupart des gens le croient, que l’inactivité conduit à être gros. Cela pourrait tout aussi bien être l’inverse : que l’obésité conduit à l’inactivité.

Et c’est la question qu’EarlyBird a posé. Avec des données collectées annuellement sur plusieurs années à partir d’une large cohorte d’enfants, elle pouvait poser la question : lequel est apparu en premier ? Est-ce que l’activité physique de l’enfant précède les modifications de son poids dans le temps, ou est-ce son surpoids qui précède les changements dans son activité physique avec le temps ?

Et la réponse publiée dans les Archives of Disease in Childhood [2] est claire. L’activité physique n’avait pas d’impact sur les changements de poids, mais le poids était clairement un facteur de moindre activité.

Les implications sont profondes pour la santé publique, parce que l’activité physique des enfants (cruciale pour leur forme et leur bien-être) pourrait ne jamais s’améliorer à moins que les niveaux bourgeonnant d’une obésité infantile aient été détectés en premier. Si cela ne peut pas être réalisé via l’activité physique, il faudra se concentrer sur ce que mange l’enfant, et en quelle quantité.

EarlyBird a déjà montré comment la trajectoire qui mène à l’obésité était établie très tôt dans la vie, bien avant que les enfants aillent à l’école, et comment la plupart de l’obésité infantile était associée à l’obésité des parents de même sexe.

Alors que la taille des portions, les grignotages denses en calories et les boissons sucrées sont tous des contributeurs importants, des erreurs d’alimentation précoces semblent cruciales, et l’activité physique n’est pas la réponse.


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