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L’informatique et le sport contre la perte de mémoire

mercredi 9 mai 2012

Une étude a conclu que le fait d’utiliser un ordinateur pourrait vous protéger contre les problèmes de mémoire plus tard dans la vie, tant que vous vous assurez de faire, en même temps et à côté, une activité physique.

Dans cette étude, publiée dans le journal Mayo Clinic Proceedings [1], qui comprenait des adultes âgés, l’utilisation d’un ordinateur et l’exercice réduisaient le risque de perte de la mémoire, tandis que faire soit l’une ou l’autre activité seule n’avait pas cet impact.

Les participants qui se sont lancés dans une activité physique modérée (comme la marche) et qui utilisaient un ordinateur était 64% moins susceptibles de vivre une déficience cognitive légère comparés à ceux qui ne faisaient pas de sport ou qui n’utilisaient pas d’ordinateur. La déficience cognitive légère est un trouble dans lequel les individus vivent des déclins remarquables de leur fonction cognitive, comprenant des problèmes de mémoire et de langage, mais sont toujours en mesure de faire leurs activités de tous les jours.

"Le vieillissement des baby boomers va conduire à des augmentations dramatiques de la fréquence de la sénilité" explique le chercheur de l’étude, le Dr. Yonas Geda de la Clinique Mayo. "Étant donné que l’utilisation fréquente de l’ordinateur est devenue quelque-chose de très courant dans toutes les tranches d’âge, il est important d’examiner comment elle est associée à la vieillesse et à la sénilité." Cependant, l’étude faisait appel à la mémoire des participants à propos de leur fréquence d’utilisation d’un ordinateur, ou de l’activité sportive qu’ils ont fait l’an dernier. Il faudra évidemment d’autres études de suivi pour confirmer ces résultats.

Informatique et sport

Des études précédentes avaient déjà trouvé un lien entre le sport et la réduction du risque de déficits cognitifs légers, tandis que d’autres avaient associé les activités de stimulation cognitive, comme la lecture de livres, jouer à des jeux ou l’utilisation d’un ordinateur, à une réduction du déclin cognitif. Mais aucune étude n’avait encore examiné les effets combinés du sport et de l’informatique.

Geda et ses collègues ont étudié 926 personnes âgées entre 70 et 93 ans. On a demandé aux participants s’ils faisaient de l’activité physique modérée, comme de la marche, des randonnées, de la gymnastique, de la musculation, du yoga ou de l’haltérophilie, l’année précédente, et la fréquence de leur participation à ces activités. On leur a aussi demandé la fréquence et la portée de leur utilisation d’un ordinateur. Chaque participant a en outre été examiné par un médecin pour diagnostiquer tout trouble cognitif léger.

L’étude a trouvé que sur les 205 participants de l’étude qui ne faisaient ni sport ni informatique du tout, 41 (20%) affichaient des signes de troubles cognitifs légers. Sur les 314 qui faisaient à la fois du sport et de l’informatique, 20 (6%) montraient des signes de troubles cognitifs. Ceux qui soit travaillaient sur ordinateur ou soit faisaient du sport profitaient d’une certaine protection contre les déficits cognitifs légers, comparés à ceux qui ne faisaient ni l’une ni l’autre de ces activités, mais ce résultat pourrait avoir été dû au hasard.

Ces résultats restaient vrais même après que les chercheurs aient pris en compte des facteurs qui pouvaient affecter la fonction cognitive, comme l’âge, le sexe, le niveau d’instruction, la dépression et le nombre de calories avalées dans une journée.

Protéger le cerveau

Les chercheurs ont fait l’hypothèse que les individus qui faisaient à la fois de l’activité physique et qui utilisaient un ordinateur pourraient être en meilleure santé, et plus disciplinés. En d’autres termes, ces activités pourraient simplement être un indicateur d’un style de vie plus sain.

Il est aussi possible que ces activités bénéficient directement au cerveau. L’exercice pourrait augmenter la production de facteurs de croissance qui favorisent la survie des cellules nerveuses. L’utilisation de l’ordinateur, et les autres activités mentalement stimulantes, pourraient augmenter le nombre de connexions dans le cerveau, rendant possible une plus forte résistance aux déficiences et troubles mentaux.

Étant donné que l’étude n’a été réalisée que dans un Comté des États-Unis, on ne sait pas définitivement si ces résultats peuvent être généralisés à toute la population. En revanche, un style de vie sédentaire, causé par trop de temps passé derrière un ordinateur, pourrait prédisposer les gens à avoir des problèmes de santé.

Références :

[1] Computer Activities, Physical Exercise, Aging, and Mild Cognitive Impairment : A Population-Based Study. Mayo Clinic Proceedings, Volume 87, Issue 5 , pp437-442, 2012.


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