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L’urine n’est pas stérile

mardi 10 avril 2012

Une recherche réfute la croyance populaire, partagée par de nombreux médecins, selon laquelle l’urine serait stérile.

Les amateurs d’amaroli (ceux qui boivent leurs urines) feraient bien de prendre garde, car en plus de boire quelque-chose essentiellement composé d’eau et de déchets, des chercheurs ont déterminé que des bactéries sont présentes dans les vessies de femmes pourtant en bonne santé, ce qui discrédite la croyance populaire selon laquelle l’urine normale est stérile, et donne un coup de massue final à l’idée reçue que l’urine pourrait désinfecter une plaie. Ces résultats ont été publiés dans le Journal of Clinical Microbiology [1].

"Les médecins ont été formés à croire que l’urine est sans aucun germe" dit le Dr Linda Brubaker. "Cependant, cette découverte remet en question cette notion, ainsi cette recherche pourrait avoir des implications positives dans la façon de traiter des patients qui souffrent d’infections urinaires."

Cette étude a évalué des spécimens d’urine de femmes qui avaient des symptômes qui ressemblaient à ceux de l’infection urinaire, mais qui n’avaient pas d’infection. Des échantillons d’urine ont été collectés à partir d’urination standard, et à travers un cathéter, ou à partir d’une fine aiguille insérée dans l’abdomen pendant que les femmes étaient sous anesthésie dans le cadre d’une opération chirurgicale gynécologique.

L’urine a été analysée via des méthodes avancées de détection de l’ADN. Ces tests ont déterminé que la vessie d’une femme adulte pouvait contenir certaines formes de bactéries qui ne sont pas identifiées par les techniques de culture d’urine habituellement utilisées pour diagnostiquer l’infection urinaire.

"Tandis que les cultures d’urine pouvaient avoir été les meilleures méthodes pour identifier les infections urinaires dans le passé, elles ont cependant une utilité limitée" dit le Dr Alan Wolfe, co-auteur de l’étude. "Elles ne sont pas aussi efficaces que les mesures de détection reposant sur l’ADN utilisées dans le cadre de cette étude."

Cette étude a aussi analysé les méthodes pour tester les bactéries dans l’urine. Les résultats ont révélé que la méthode standard pour récolter l’urine dans des récipients posait problème, parce que les bactéries du vagin contaminent souvent ces spécimens. Au contraire, le prélèvement d’urine en ayant recours au cathéter ou une aiguille était efficace et comparable entre les tests.

Les chercheurs prévoient maintenant que déterminer quelle bactérie dans la vessie est utile et laquelle est nocive. Ils vont aussi analyser comment ces bactéries interagissent les unes avec les autres et avec leur hôte, et comment nous pouvons utiliser cette information pour aider les patients. Cette recherche est en phase avec un effort international plus large qui est en cours visant à identifier la composition bactérienne centrale d’un corps humain en bonne santé. Les chercheurs s’attachent à corréler les changements dans la composition des communautés bactériennes dans le corps avec certaines maladies.

"Des études futures sont nécessaires pour déterminer si les bactéries trouvées dans les vessies des femmes, dans le cadre de cette étude, ont un rapport avec les troubles liés aux infections urinaires. Si c’est le cas, ces études pourraient permettre d’identifier les femmes qui sont à risques, ce qui pourrait modifier la façon dont nous gérons ces patients" conclut le Dr Brubaker.

Références :

[1] Evidence of Uncultivated Bacteria in the Adult Female Bladder. Alan Wolfe, Evelyn Toh, Noriko Shibata, Ruichen Rong, Kimberly Kenton, MaryPat FitzGerald, Elizabeth Mueller, Paul Schreckenberger, Qunfeng Dong, David Nelson, Linda Brubaker, J. Clin. Microbiol. 2012 ; 50:4 1376-1383.


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