Accueil du site > Sexualité > La découverte du point G ne convainc personne
La découverte du point G ne convainc personne

mercredi 25 avril 2012

G marque-t-il le point ? Un chercheur affirme avoir mis le doigt et décrit l’anatomie du très controversé Point G, qui serait une région du vagin supposée produire des orgasmes intenses quand il est stimulé. D’autres ne sont pas convaincus, en déclarant que ce Point G ne peut pas être une simple structure.

"C’est comme si l’on concluait que la Tour Eiffel est Paris" explique un chercheur.

Le Point G fait référence à une région située à l’avant de la paroi vaginale, à quelques centimètres de l’entrée du vagin. Le fait de stimuler cette région est supposé causer du plaisir et un orgasme sans avoir à stimuler le clitoris.

Au 11° siècle déjà, des textes Indiens anciens décrivaient une région sensible dans le vagin induisant un plaisir sexuel. En 2008, Emmanuele Jannini, de l’Université de L’Aquila en Italie, a découvert des différences anatomiques dans l’épaisseur des tissus dans la région située entre le vagin et l’urètre chez les femmes qui affirmaient qu’elles avaient des orgasmes vaginaux, comparées à celles qui n’en avaient pas.

Cependant, une récente analyse des recherches sur le Point G publiées depuis 1950 a conclu que des mesures objectives n’avaient pas réussi à apporter des preuves solides et constantes de l’existence d’un site anatomique associé au Point G [1].

Adam Ostrzenski, directeur de l’Institut de Gynécologie de St Petersburg en Floride, affirme avoir trouvé une structure anatomique, qui n’avait jamais été décrite dans la littérature scientifique, qu’il identifie comme étant le tant recherché Point G. Ostrzenski a réalisé des procédures gynécologiques cosmétiques et déclare qu’il a observé plusieurs fois la structure [2]. Ses patients confirment que sa position coïncide avec la région du Point G.

Pour en avoir une image claire, il a disséqué la paroi vaginale antérieure d’un cadavre d’une femme de 83 ans. "J’ai choisi une femme âgée pour la dissection parce que je voulais voir si cette structure persistait durant toute la vie, ou seulement chez les populations de jeunes femmes".

Il a découvert une petite "poche" bien distincte dans une couche située entre le vagin et l’urètre proche de la membrane périnéale. La poche faisait environ 16 millimètres depuis la partie supérieure de l’ouverture de l’urètre. À moins d’un centimètre de long, elle se positionne dans un angle de 35° vers l’urètre.

À l’intérieur de la poche, Ostrzenski a trouvé une structure ressemblant à un ver de terre avec trois régions distinctes qui "ressemble à du tissu érectile que l’on trouve normalement dans des régions comme le corps clitoridien ".

Il pense que personne n’avait découvert cette petite poche avant lui à cause de sa petite taille et sa localisation enfoncée dans le tissu vaginal. "Elle n’est pas facile à trouver" dit-il. Il ajoute qu’il ne faut pas la confondre avec les glandes de Skene, un autre concurrent du Point G. Ces glandes sont des petites masses molles, ressemblant à des ballons, de l’autre côté de l’urètre, analogues aux glandes de la prostate masculines, qui sont impliquées dans la stimulation sexuelle.

Amichai Kilchevsky, de l’Hôpital Yale-New Haven du Connecticut, qui a dirigé la récente analyse de la littérature sur le Point G, déclare que sans un examen minutieux du tissu afin de déterminer sa fonction dans la vie, "la signification de l’organe qui a été découvert n’est pas claire". Il ajoute qu’il fera l’analyse histologique nécessaire sur d’autres corps dans quelques semaines.

Jannini donne une autre possibilité : cette structure pourrait n’être qu’un signe de maladie, étant donné l’âge de la femme autopsiée. Si ce n’est pas le cas cependant, il a probablement une fonction sexuelle, elle dit que les structures trouvées dans cette région en ont habituellement. Avec une telle densité de nerfs et de glandes dans cette région du corps, il pourrait y avoir un Point G complexe qui implique aussi le clitoris, plutôt qu’un Point G distinct et solitaire.

Elle ajoute que cette région est aussi soumise à un important contrôle hormonal, qui a évidemment un impact sur la fonction du tissu.

Références :

[1] Is the Female G-Spot Truly a Distinct Anatomic Entity ? The Journal of Sexual Medicine, Volume 9, Issue 3, pages 719–726, 2012.

[2] Adam Ostrzenski. G-Spot Anatomy : A New Discovery. The Journal of Sexual Medicine, 2012 ; 9 (5) : 1355.


Ces articles pourraient aussi vous intéresser :



| Bodyscience.fr - Conception : © 2018 François Grandemange - Tous droits reservés | Contacts | SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | C.G.U. |