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La pensée gouverne l’orgasme féminin

mardi 29 juillet 2014

Une étude montre que l’orgasme des femmes peut avoir beaucoup de choses à voir avec leur aptitude à se concentrer sur leur corps et à focaliser leurs pensées d’une certaine manière.

Les femmes de cette étude [1] qui ont rapporté avoir régulièrement des orgasmes pendant les relations sexuelles, semblent être davantage concentrées sur les sensations de leur corps pendant les relations sexuelles avec leur partenaire que les femmes qui ont du mal à avoir des orgasmes réguliers.

Les chercheurs ont aussi découvert que les femmes de leur étude qui ont souvent des orgasmes pendant les rapports sexuels ont plus de pensées érotiques pendant l’acte sexuel que celles qui n’ont pas régulièrement d’orgasmes. Cependant, les deux groupes de femmes ont rapporté avoir des quantités équivalentes de pensées érotiques pendant leur autostimulation, sans que leur partenaire soit présent.

Les chercheurs ne s’attendaient pas à ce que l’aspect cognitif de l’orgasme chez les femmes soit si important que ce que les résultats ont montré, explique Pascal De Sutter, l’auteur de l’étude de l’Université de Louvain en Belgique.

Il semble que les femmes n’aient pas de problèmes pour se concentrer sur des fantasmes érotiques quand elles sont seules, explique De Sutter. Mais les femmes qui n’ont pas d’orgasmes réguliers pendant les relations sexuelles semblent avoir plus de difficultés à concentrer leur attention sur le moment présent quand elles ont des rapports sexuels avec leur partenaire.

Et les problèmes concernant leur apparence et leur poids peuvent aussi distraire certaines femmes, ajoute-t-il.

Pour leur étude, les chercheurs ont recruté 251 françaises âgées de 18 à 67 ans. Ce groupe consistait en 176 femmes qui se définissaient elles-mêmes comme "orgasmiques", ce qui signifie qu’elles avaient des orgasmes réguliers pendant leurs rapports, et 75 femmes qui se définissaient elles-mêmes comme "non orgasmiques", ce qui veut dire qu’elles rapportaient avoir des difficultés à atteindre l’orgasme pendant leurs rapports sexuels avec leurs partenaires.

Toutes les femmes de l’étude étaient sexuellement actives, avec une fréquence d’activité sexuelle qui variait entre deux et 90 fois par mois ! Pratiquement 90 % des femmes étaient hétérosexuelles. Les femmes de cette étude ont répondu à des questions concernant leurs émotions, pensées et comportements qui jouaient un rôle dans leur aptitude à avoir un orgasme, à la fois pendant le sexe et l’auto-stimulation.

Ces résultats sont en ligne avec ceux d’une étude préexistante déjà publiée en 2011. Cette étude avait trouvé un lien entre l’absence de pensées érotiques pendant les rapports et la difficulté à atteindre l’orgasme chez les femmes. L’étude a aussi déterminé que les femmes qui avaient des difficultés à jouir étaient plus susceptibles d’être distraites par des pensées qui n’avaient pas de rapport avec le sexe pendant les rapports sexuels.

Les chercheurs ajoutent que l’importance du recours aux pensées érotiques pendant le sexe est particulièrement intéressante. Ils suggèrent que les femmes peuvent utiliser certaines techniques pour augmenter leur aptitude à se concentrer sur leurs sensations physiques.

Certaines approches dans le traitement de l’attention, visant à corriger les troubles sexuels, peuvent être très utiles. Ce type de traitement a pour objectif d’aider les femmes à se concentrer sur le moment présent pendant les rapports sexuels, et augmentent de ce fait leur excitation pour atteindre l’orgasme.

Les femmes montrent aussi des différences selon leur âge, les plus jeunes sont plus susceptibles d’avoir des problèmes pour atteindre l’orgasme que les femmes plus âgées, expliquent les chercheurs. Cela montre qu’il peut y avoir un aspect "apprentissage" pour être capable d’atteindre l’orgasme plus régulièrement et plus facilement, comme par exemple en ayant recours à des pensées érotiques.

Références :

[1] Who are the orgasmic women ? Exploratory study among a community sample of French-speaking women. P. de Sutter, J. Day, F. Adam. Sexologies, 2014.


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