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La perte des rythmes journaliers cause-t-elle l’obésité ?

jeudi 6 septembre 2012

Quand Thomas Edison a testé la première lumière en 1879, il n’aurait jamais imaginé que son invention aurait pu contribuer à l’épidémie globale d’obésité. La lumière artificielle nous permet de travailler, de nous reposer et de jouer à n’importe quelle heure de la journée, un article publié dans le journal Bioessays [1] suggère que cela pourrait avoir de graves conséquences pour notre santé et notre tour de taille.

Les rythmes journaliers, ou "circadiens", qui comprennent le cycle d’éveil et de sommeil, et les rythmes de libération des hormones, sont contrôlés par une horloge moléculaire qui est présente dans chaque cellule du corps humain. Cette horloge humaine possède ses propres "circuits intégrés", le rythme par défaut de presque 24 heures qui permet de rester correctement réglé sur le cycle journalier généré par la rotation de la Terre.

Cette belle symétrie entre l’horloge biologique humaine et le cycle quotidien de rotation de la Terre est rompu par l’exposition aux cycles de lumière artificielle, et par des repas, des temps de travail et de sommeil irréguliers. Cette rupture entre les rythmes circadiens naturels de nos corps et l’environnement est appelée "désynchronisation circadienne".

L’article, du Dr Cathy Wyse qui travaille dans un groupe de recherche en chronobiologie à l’Université d’Aberdeen, s’est focalisé sur la façon dont l’horloge biologique humaine lutte pour rester réglée malgré des repas, sommeils et agendas de travail irréguliers dans le monde développé, et comment cela pourrait influencer la santé et même causer l’obésité.

"La lumière artificielle électrique permet aux êtres humains de passer outre l’ancienne synchronisation entre le rythme de l’horloge biologique humaine et l’environnement, et sur la dernière décennie, les rythmes des temps de repas, de sommeil et de travail ont graduellement disparu de nos vies" explique le Dr Wyse. "L’horloge humaine lutte pour rester réglée à nos styles de vie fortement irréguliers, et je pense que cela cause des problèmes métaboliques et d’autres problèmes de santé, et nous rend aussi susceptibles de devenir obèses."

"Des études sur des microbes, des plantes et des animaux ont montré que la synchronisation de l’horloge interne avec les rythmes de l’environnement est importante pour la santé et la survie, et il est fortement probable que cela soit aussi vrai pour les humains."

L’horloge biologique humaine est contrôlée par nos gènes, et la recherche suggère aussi que certaines personnes pourraient être plus à risque de vivre les effets d’une désynchronisation circadienne que d’autres. Par exemple, les êtres humains qui sont originaires des régions Équatoriales pourraient avoir des horloges qui sont très régulières, qui pourrait être plus sensible aux effets d’une désynchronisation circadienne.

Le travail en équipe, la lumière artificielle et le style de vie sur 24 heures dans le monde développé signifie que la désynchronisation circadienne est maintenant une partie inévitable de la vie du 21° siècle. Néanmoins, nous pouvons aider à conserver des rythmes circadiens sains en conservant des temps de repas réguliers, des sommeils de nuit ininterrompus dans le noir total, et en profitant pleinement de la lumière du jour pendant la journée.

Le Dr Wyse pense que cette désynchronisation circadienne affecte la santé humaine en rompant les systèmes dans le cerveau qui régulent le métabolisme, conduisant à une probabilité plus grande de développer de l’obésité et du diabète.

"La raison de cette soudaine augmentation de l’obésité globale dans le monde développé semble être plus compliquée que seulement un problème d’alimentation et d’activité physique. Il y a d’autres facteurs impliqués, et la désynchronisation circadienne est l’un de ceux qui mérite plus d’attention."

"Notre société de 24 heures paie le prix fort de cette désynchronisation circadienne" conclut Wyse. "Il y a de nombreux facteurs qui conduisent l’humanité vers l’obésité, mais des rythmes circadiens rompus devraient être considérés avec et à côté des suspects habituels que sont l’alimentation et l’exercice physique."

Références :

[1] Does human evolution in different latitudes influence susceptibility to obesity via the circadian pacemaker ? Cathy A. Wyse, Bioessays.


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