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La psychologie et la vie sportive

vendredi 1er juin 2012

Les jeux Olympiques de 2012 de Londres sont proches, et des millions de personnes à travers le monde vont admirer et penser aux mystères des performances athlétiques. Les psychologues scientifiques ne font pas exception. Des chercheurs ont examiné comment les illusions visuelles amélioraient la performance sportive, comment les attitudes et les croyances à propos de la compétence déterminent la performance, et ce qui se passe réellement quand nous nous adonnons à de stupides rituels sportifs.

Les illusions visuelles améliorent la performance sportive

L’une des façons de réussir son coup, de ne pas rater son lancer ou de mettre la flèche au centre est de penser que la cible est plus grosse que ce qu’elle est en réalité. C’est la surprenante conclusion d’une étude publiée dans Psychological Science [1].

En 2005, la psychologue scientifique et athlète Jessi Witt, de l’Université de Purdue, jouait dans l’équipe Nationale Américaine de frisbee qui a gagné la médaille d’or aux Jeux Mondiaux. Son intérêt pour les sports allait bien au-delà de ses travaux professionnels, et dans son étude, Witt et ses collègues ont étudié la perception visuelle et la performance sportive.

Quand les athlètes regardaient directement la cible sans déplacer leurs yeux tout autour – une technique connue sous le nom de "Quiet Eye" – ils réussissaient plus de lancers francs, de putts (au golf) ou d’autres tâches. Est-ce que le fait de manipuler la taille de la cible peut affecter la performance sportive ?

Trente six participants jouaient au golf avec deux tailles de trous identiques, mais avec l’un d’eux un projecteur déformait le trou pour qu’il paraisse plus grand. L’illusion a fonctionné. Les golfeurs qui frappaient la balle réussissaient mieux leurs points avec le trou dont la perception avait été modifiée pour paraitre plus gros. L’une des explications possibles est qu’une cible qui semble plus grande augmente la confiance des golfeurs, et la confiance améliore la performance.

Des rituels sportifs idiots ?

Si vous portez des sous-vêtements porte-bonheur, vous laissez pousser la barbe, écoutez votre morceau préféré ou exécutez votre pas de danse porte-chance, la science montre que le fait d’observer ces rituels vous aidera réellement à améliorer votre jeu. Une recherche publiée dans Psychological Science [2] a démontré que le fait d’activer des superstitions soit en disant quelque-chose - comme "casse-toi une jambe" ou "croise les doigts" - ou utiliser un porte-bonheur personnel, conduisait vraiment à améliorer la performance au golf, aux jeux de mémoire, anagrammes et la dextérité motrice.

Les chercheurs ont découvert que les porte-bonheurs aidaient à stimuler notre aptitude à croire que nous pouvons maitriser une tâche précise. Cette croyance nous aide à placer plus hauts nos objectifs, à persister davantage et à réussir dans le travail. Mais si vous ne croyez pas en la chance, le fait de porter une patte de lapin ne vous aidera pas.

Ne vous encouragez pas, suivez seulement vos propres instructions

Si vous vous entendez dire "tu peux le faire" lorsque vous vous attaquez à une épreuve difficile, assurez-vous de bien la décrire. Les chercheurs font la distinction entre les paroles motivantes, dans lesquelles les participants se diraient "vas-y" ou "je peux le faire", contre le fait de se donner à soi-même des instructions à suivre. Dans cette version, les conversations silencieuses des participants avec eux-mêmes se concentreraient seulement sur une tâche précise comme "se focaliser sur…", ou "lève le coude" ou "continue comme ça". Ils ont trouvé que le fait de se gonfler soi-même pour une tâche en utilisant la motivation n’était pas aussi efficace que de se répéter à soi-même des instructions.

Après avoir analysé 32 études sur le sujet [3], les chercheurs de l’Université de Thessalie en Grèce, une région qui connait bien les sports de compétition, ont défini plus précisément les instructions qu’ils se donnaient à eux-mêmes. Ils suggèrent que ces auto-instructions peuvent permettre d’augmenter la concentration, la confiance en soi, de mieux réguler l’effort, de contrôler les réactions cognitives et émotionnelles et de déclencher l’exécution automatique de la tâche.

Quand les tâches impliquaient des demandes de mouvements relativement précis et nouveaux, comparés à des tâches bien apprises, le fait de se donner des directives à soi-même était plus efficace pour les tâches précises que de s’auto-encourager ; en outre, l’instruction personnelle était plus efficace pour les tâches pointues que pour les tâches grossières.

La prévisibilité apprise accélère le traitement visuel

Vous devez passer le ballon et vous voyez un joueur qui atteint presque toujours son but, un qui n’y arrive jamais et un autre qui parfois y arrive et parfois non. La recherche en psychologie scientifique suggère que vous reconnaitrez plus rapidement le visage d’un joueur constant quand il est bon ou mauvais, qu’un joueur qui n’est pas constant.

Une étude de l’Université Bangor au Royaume-Uni, publié dans Psychological Science [4], a associé des visages avec des gains ou des pertes. Si un visage était fortement associé soit à l’action de gagner ou à celle de perdre, il était reconnu beaucoup plus rapidement que le visage qui n’était pas fortement associé que ce soit au succès ou à l’échec.

Les chercheurs ont conclu que cela signifie que la valeur relative d’un résultat, qu’il soit positif ou négatif, faisait une bien plus grande impression à notre conscience visuelle que notre aptitude à apprendre comment prédire l’action. Et notre capacité à apprendre comment prédire un résultat, notre aptitude à consolider un modèle, apparait très tôt en termes de traitement visuel.

Références :

[1] Get Me Out of This Slump ! Visual Illusions Improve Sports Performance, Psychological Science, 2012. Jessica Witt, Purdue University.

[2] Keep Your Fingers Crossed ! : How Superstition Improves Performance, Psychological Science, 2010. Lysann Damisch, University of Cologne.

[3] Self-Talk and Sports Performance : A Meta-Analysis, Perspectives on Psychological Science, 2011. Antonis Hatzigeorgiadis, Department of Physical Education and Sport Sciences, University of Thessaly, Greece.

[4] Learned Predictiveness Speeds Visual Processing, Psychological Science, 2012 Jane Raymond, Bangor University.


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