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La quercétine n’a pas d’effet sur les performances sportives

mercredi 20 janvier 2010

L’antioxydant quercétine se vend comme complément alimentaire, dans le but d’accroitre les performances athlétiques, mais une étude de l’Université de Géorgie, aux Etats-Unis, conclut qu’il n’est pas meilleur qu’un placébo.

Le Professeur Kirk Cureton, du College of Education UGA, et ses collègues, ont testé la quercétine dans le cadre d’une étude en double-aveugle, contrôlée contre placebo, qui a évalué tout un ensemble de mesures, comprenant la capacité des muscles à synthétiser l’énergie, la performance sur un vélo, l’effort perçu et la perte de force suite à un exercice. Les chercheurs, dont les résultats sont publiés dans le Journal of Applied Physiology [1], ont trouvé que la quercétine n’améliorait pas les performances pour aucune des mesures qu’ils ont examinées.

"Nous n’avons relevé aucun effet de la quercétine sur l’amélioration de la performance" explique Cureton. "Dans une certaine mesure cela était décevant parce que notre hypothèse, basée sur des études sur des souris, était que nous allions mesurer des effets positifs. Mais nos résultats sont importants car ils suggèrent que les résultats d’études sur des animaux ne devraient pas être généralisés aux êtres humains."

La quercétine est un antioxydant naturel que l’on trouve dans la peau des fruits, des légume-feuilles et les raisins, tout autant que dans le thé noir, le vin rouge et différents jus de fruits. Il est vendu comme supplément dans les parapharmacies, les boutiques bio ou alimentaires, et constitue un des ingrédients de certaines boissons sportives ou énergétiques.

Chez les souris, la quercétine a montré stimuler la production de mitochondries, qui sont les composants produisant l’énergie des cellules musculaires et d’autres tissus. Une étude avait trouvé que les souris ayant reçu des suppléments de quercétine augmentaient leur endurance pendant la course de 37%.

Cependant, chez les êtres humains, les résultats ont été mitigés. Une première étude, citée de nombreuses fois, rapportait des améliorations de la performance pendant un test de vélo chronométré, mais Cureton note que les données provenant du groupe expérimental n’ont pas été comparées à un groupe contrôle, rendant les significations statistiques des résultats peu claires. Des études, publiées sur des coureurs de compétition et des cyclistes, n’ont trouvé aucune amélioration de la performance.

Une étude publiée récemment par les mêmes chercheurs qui ont rapporté les augmentations des mitochondries et d’endurance chez les souris, a cependant trouvé que les volontaires qui avaient consommé une boisson contenant de la quercétine avaient vu une amélioration de leur endurance de 13%. Cureton déclarait que la raison de ces résultats contradictoires restait inconnue, mais il ajoutait que plusieurs autres études, en cours d’analyse avant publication, n’avaient trouvé aucun effet d’augmentation de la performance.

Cureton et ses collègues ont fait l’hypothèse que les athlètes utilisés dans les études précédentes pourraient ne pas avoir bénéficié de la quercétine parce qu’ils avaient déjà maximisé leur densité mitochondriale grâce à leur entrainement. Pour mettre cette possibilité à l’épreuve, les chercheurs ont recruté 30 hommes qui étaient en bonne santé, mais qui n’avaient pas d’entrainement, pour les assigner au hasard soit dans le groupe expérimental, soit dans le groupe placebo.

Le groupe expérimental a consommé une boisson sportive contenant 250 milligrammes de quercétine quatre fois par jour pendant 16 jours, une dose et durée similaires aux études préalables sur les humains, et comparables aux études sur les souris. Le groupe placebo a reçu la même boisson sportive mais sans quercétine.

Parce que les mécanismes d’action de la quercétine ne sont pas clairs, les chercheurs ont examiné un certain nombre de variables :

- Le taux de synthèse de l’énergie par les muscles après un exercice épuisant,
- la consommation d’oxygène maximale,
- le taux d’effort perçu pendant le cyclisme,
- les changements métaboliques, comme le pourcentage d’énergie dérivée des graisses et des hydrates de carbone (les individus ayant une meilleure condition physique tendent à utiliser plus de graisse sous forme d’énergie),
- la performance d’un test de cyclisme,
- la perte de force suite à du cyclisme prolongé.

Cureton note que s’il y avait un effet d’augmentation de la performance de la quercétine, un échantillon de 30 personnes serait suffisant pour le détecter. Les composés à base de plantes et associés à la quercétine, comme le resvératrol, ont été pareillement vantés pour leurs bénéfices à la santé d’abord sur des études animales, mais Cureton déclarait que ses résultats devraient servir comme un rappel montrant que le "nec plus ultra" de la science reste les études randomisées, en double-aveugle chez les êtres humains.

"Le message dont il faut se souvenir est que des résultats prometteurs sur les souris ne se traduisent pas nécessairement de la même manière chez les humains" ajoute-t-il.

Références :

[1] Dietary quercetin supplementation is not ergogenic in untrained men. J. Appl Physiol (13/08/2009).


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