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La réaction de domination d’un athlète victorieux

dimanche 12 janvier 2014

Le langage corporel, aussi nommé "de triomphe", est plus fort chez les vainqueurs venant des cultures qui mettent plus l’accent sur la hiérarchie.

Selon une étude publiée dans le journal Motivation and Emotion [1], lors d’une victoire, la réaction première et instinctive d’un athlète est celle qui affiche de la domination sur ses concurrents.

Ce type de langage corporel, connu comme étant une attitude d’intimidation face à la menace, et étiqueté comme un acte de "triomphe" dans d’autres études, a été observé chez les vainqueurs des matches Olympiques et Paralympiques de judo. Il apparaît qu’il est inné, et provient d’un besoin évolutionniste d’établir de l’ordre et de la hiérarchie dans la société, explique le psychologue David Matsumoto de l’Université de San Francisco et co-auteur de l’étude.

Dans une autre étude publiée en novembre, les chercheurs ont aussi découvert que la culture d’un athlète modifiait l’intensité avec laquelle il affichait ce langage corporel. "Les cultures qui ont une tendance à avoir des classes ont des individus qui produisent plus ce type de comportements que les individus qui sont de cultures plus égalitaires" dit Matsumoto.

Dans une recherche précédente des mêmes chercheurs [2], des observateurs avaient classé comme "triomphal" des langages corporels d’athlètes vus dans des postures de victoires, et ils avaient établi le triomphe comme étant potentiellement une expression différente de la fierté qui exige une réflexion plus consciente. Cette fois-ci, les psychologues se sont intéressés aux expressions du triomphe pour voir s’il s’agissait d’une réaction immédiate d’un athlète juste après une victoire.

Pour répondre à leur question, les chercheurs ont regardé le premier mouvement du corps d’un athlète dès qu’il apprend qu’il est victorieux, puis ils ont déterminé si cette action faisait partie de celles considérées comme constituant une attitude de "triomphe", et ils ont évalué l’intensité de l’acte sur une échelle de 1 à 5. Les actions considérées comme triomphales avaient pour caractéristiques les bras levés au ciel, de gonfler le torse en avant, d’incliner la tête en arrière et de sourire. Ils ont été observés chez les athlètes de toutes les cultures, et même chez les athlètes paralympiques aveugles, ce qui suggère que ce comportement est biologiquement inné.

"Il s’agit d’une expression universelle, rapide ou immédiate, qui est produite par différentes personnes, dans de nombreuses cultures, immédiatement après avoir gagné un combat" dit Matsumoto. "De nombreux animaux semblent avoir une attitude d’intimidation qui implique de faire paraître leur corps plus gros, plus imposant qu’il n’est".

Dans leurs autres études, les chercheurs ont comparé l’intensité des expressions de triomphe d’un athlète selon la "distance hiérarchique" de sa culture, qui est une mesure qui représente le degré par lequel une culture encourage ou décourage le pouvoir, le statut et les différences hiérarchiques entre les groupes. Ils ont découvert que les athlètes des cultures avec une forte distance hiérarchique produisaient plus ce genre de langage corporel que ceux des cultures avec une faible distance hiérarchique.

Les pays avec une forte distance hiérarchique comprennent la Malaisie, la Slovaquie et la Roumanie, alors que les pays avec une distance hiérarchique faible comprennent des pays comme Israël, l’Autriche et la Finlande. Les États-Unis et le Royaume-Uni se situent dans le milieu du spectre de la distance hiérarchique, avec des pays comme la Hongrie, l’Iran et l’Italie.

Ces résultats sont logiques, explique l’auteur, étant donné l’importance des attitudes de domination pour établir un statut et une hiérarchie dans un groupe pour que le groupe fonctionne efficacement. Les pays qui mettent plus l’accent sur la hiérarchie ont un plus grand besoin de langages corporels permettant d’établir du pouvoir et un statut. Mais de telles actions peuvent être perçues dans différents types de groupes.

"Si vous êtes en réunion, la personne assise à la "place du chef" se tiendra plus droite et semblera plus grande, il ou elle utilisera une voix plus puissante, des gestes qui signifient la domination" dit-il. "S’il y a un conflit, la personne qui crie le plus ou qui est la plus sévère sera perçue comme étant le leader. Cela établit la hiérarchie dans ce contexte".

Références :

[1] Dominance threat display for victory and achievement in competition context. Hyisung C. Hwang, David Matsumoto. Motivation and Emotion.

[2] Cultural Differences in Victory Signals of Triumph. Nov. 20 Cross Cultural Research. Hyisung C. Hwang, David Matsumoto.


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