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La variété peut faire grossir

mardi 24 août 2010

Un large choix de produits alimentaires peut élargir le tour de taille.

A peine revenu d’une semaine de vacances au soleil en hôtel tout compris (All inclusive), et vous voilà sur la balance à vous lamenter. Il est vrai qu’à l’hôtel, un des sujets de préoccupation était de savoir si vous auriez le temps de gouter à toute cette variété sans fin de nourriture proposée au restaurant.

Car même en ne prenant qu’un petit échantillon de chaque plat, les besoins caloriques de la journée seront largement dépassés à chaque service. Plusieurs variables peuvent affecter la quantité de nourriture que nous ingérons. L’un de ces facteurs se nomme "l’effet variété" [1], qui parle directement à notre incapacité à souvent nous éloigner des choix sans fin qui s’offrent à nous à un buffet.

L’effet variété a été confirmé de plusieurs et nombreuses façons. Par exemple, on consommera de plus grandes quantités de yogourt si l’on nous propose trois saveurs plutôt qu’une seule. Le résultat le plus intéressant de la vaste littérature sur l’effet variété est la démonstration que des signaux perceptuels qui, par ailleurs, ne modifient ni le gout, ni la texture ni l’odeur d’un aliment donné peuvent néanmoins augmenter la quantité de ce que nous mangeons s’ils stimulent notre penchant inné pour la variété.

Par exemple, des individus auxquels on avait proposé les fameux bonbons M&M’s dans une seule couleur avaient mangé moins de bonbons que quand on leur en avait offert la même quantité mais avec plusieurs couleurs de bonbons. Dans le même ordre d’idées, la forme d’une pâte (une seule forme contre de multiples formes) affecte aussi la quantité de pâtes mangées.

Ni le colorant des bonbons, ni les formes des pâtes ne modifient d’une manière objective l’aliment en question, pourtant ils ont tous servi de signal déclencheur pour la recherche de la variété.

Un psychologue spécialiste de l’alimentation, Paul Rozin, a expliqué que notre besoin inné pour la variété de nourriture prenait sa source dans deux objectifs séparés : s’assurer que nous ne sommes pas ouvertement explosés aux toxines alimentaires et aux pathogènes qui pourraient sinon se retrouver dans une source de nourriture donnée ; et s’assurer que nous obtenons les sources d’alimentation hétérogènes nécessaires dont notre corps a besoin.

A partir de là, notre penchant inné pour la variété de nourriture est une adaptation, qui peut devenir une adaptation délétère dans notre monde actuel d’abondance.

La variété est en effet excitante, mais dangereuse. Surtout lorsque la corvée de la balance vous restitue 3 kilos en plus en 1 semaine, vous obligeant à passer de 3 à 4 heures de sport par semaine !

Références :

[1] Internal and external moderators of the effect of variety on food intake.. Remick AK, Polivy J, Pliner P. Psychol Bull. 2009 ; 135(3):434-51.


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