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Le bruit du trafic augmente le risque d’attaques

vendredi 28 janvier 2011

Selon une étude publiée dans l’European Heart Journal [1], l’exposition au bruit du trafic routier peut augmenter le risque d’attaque, particulièrement chez ceux qui sont âgés de 65 ans et plus.

L’étude qui a étudié le lien entre le bruit du trafic routier et le risque d’attaque a découvert que pour chaque 10 décibels de plus, le risque d’avoir une attaque augmentait de 14% parmi les 51 485 participants de l’étude. Lorsque les chercheurs Danois ont analysé les données plus minutieusement, ils ont trouvé que pour les gens de moins de 65 ans il n’y avait statistiquement pas d’augmentation significative du risque d’attaque ; cependant le risque augmentait de 27% pour chaque 10dB de bruit de trafic routier de plus chez les 65 ans et plus. En outre, chez les personnes les plus âgées, ils ont découvert des indications d’un seuil à approximativement 60dB, au-delà duquel le risque d’attaque semblait augmenter encore plus.

Le Dr Mette Sorensen, chercheur à l’Institut d’Epidémiologie du Cancer à Copenhague, qui a dirigé l’étude, déclare : "notre étude montre que l’exposition au bruit du trafic routier semble augmenter le risque d’attaque.

Des études précédentes avaient associé le bruit du trafic à une augmentation de la tension artérielle et de crises cardiaques, et notre étude vient s’ajouter aux preuves qui s’accumulent selon lesquelles le bruit des routes pourrait causer tout un ensemble de maladies cardiovasculaires. Ces études mettent en lumière le besoin d’une action afin de réduire l’exposition des individus au bruit.

"C’est la première étude à avoir étudié l’association entre l’exposition au bruit du trafic routier et le risque d’attaque, et de ce fait, il faudra plus de recherches avant que des conclusions définitives soient tirées."

L’étude reposait sur l’étude de cohorte Danoise "Régime, Cancer et Santé" qui a recruté un total de 57 053 personnes âgées entre 50 et 64 ans entre 1993 et 1997. Le passé médical et résidentiel de 51 485 participants était disponible, et leur temps moyen de suivi était de dix ans. Un total de 1881 d’entre eux a souffert d’une attaque pendant cette période.

Le Dr Sorensen et ses collègues ont pris soins dans leurs calculs de respecter l’effet de la pollution de l’air, l’exposition au bruit du trafic aérien ou du train, tout comme un ensemble d’autres facteurs de style de vie confondants comme le tabagisme, l’alimentation, la consommation d’alcool et de caféine.

Les données sur les participants de l’étude et leur lieu d’habitation étaient associées à un programme de calcul du bruit, qui a été utilisé pour cartographier les niveaux de bruit en différents endroits de la Scandinavie pendant plusieurs années. Le programme prenait en compte la composition du trafic et la vitesse, le type de route (autoroute, nationale, route rurale, etc.) et les surfaces, la forme des batiments et la position et les hauteurs des habitations des habitants au-dessus des routes.

A l’époque de la constitution de la cohorte, 35% des gens étaient exposés à des niveaux de bruits supérieurs à 60dB, et 72% ont vécu à la même adresse durant toute la durée de l’étude. L’estimation la plus basse des chercheurs de l’exposition au bruit était de 40dB, et la plus élevée de 82dB.

Le Dr Sorensen ajoute : "Si nous supposons que nos résultats représentent le risque réel, et que l’association entre le bruit du trafic et l’attaque est causal, alors nous pouvons estimer que 8% de tous les cas d’attaques, et 19% de ces cas chez les gens de plus de 65 ans, pourraient être attribués au bruit de la route."

La population dans cette étude vivait principalement dans des régions urbaines, et n’est donc pas représentative de la population globale en termes d’exposition au bruit de trafic routier. Cependant, si nous prenons en compte la distribution de l’exposition de tous les lieux de résidence au Danemark, nous trouvons qu’environ 600 nouveaux cas d’attaque pourraient être attribués au bruit du trafic routier au Danemark chaque année. Il y a 5,5 millions d’habitants au Danemark et un total de 12 400 nouveaux cas d’attaque chaque année."

Etant donné que l’étude est épidémiologique, elle ne peut pas montrer que le bruit du trafic routier est la cause de l’augmentation du risque d’attaque, mais seulement qu’il y a une association. Le mécanisme par lequel le bruit pourrait augmenter le risque de tout un ensemble de problèmes cardiaques n’est toujours pas clair.

"Les mécanismes impliqués sont probablement les mêmes mécanismes dont on pense qu’ils sont impliqués dans l’hypertension et les crises cardiaques induites par le bruit, ce bruit agit comme un facteur de tension et perturbe le sommeil, ce qui résulte en une tension et des pulsations plus élevées, tout comme un niveau des hormones de stress plus important. Pris ensembles, tous ces éléments peuvent augmenter le risque de maladies cardiovasculaires" dit-elle.

"En outre, les personnes âgées tendent à avoir des sommeils plus fragmentés, et sont plus susceptibles d’être perturbées dans leur sommeil. Ceci pourrait expliquer pourquoi l’association entre le bruit du trafic et le risque d’attaque se retrouve principalement chez les participants les plus vieux."

Références :

[1] Road traffic noise and stroke : a prospective cohort study. European Heart Journal.


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