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Le corps ne peut pas toujours maintenir un métabolisme élevé

vendredi 7 novembre 2014

Une nouvelle recherche montre que des régimes alimentaires élevés et normaux en protéines sont associés à un métabolisme plus élevé et à 45 % de stockage de tissu maigre en plus, ou masse musculaire, par rapport à la graisse quand on les compare à une alimentation faible en protéines. En outre, cette étude montre que cette augmentation du métabolisme liée à une alimentation riche en protéines ne se maintient pas quand on revient à une alimentation avec des quantités normales de protéines, ce qui suggère que le corps humain ne peut être entrainé pour conserver un métabolisme élevé. Les résultats de cette recherche ont été présentés par le Dr Elizabeth Frost du Centre de Recherche Biomédical Pennington, lors de la conférence annuelle de l’Obesity Society à Boston [1].

"Plutôt que de diriger une étude sur la perte de poids, notre objectif était plutôt d’explorer si une alimentation riche ou faible en protéines provoquait une prise de poids quand on consomme un surplus de calories, notamment grâce à la capacité qu’à le corps de brûler plus d’énergie avec une alimentation riche en protéines", explique Frost. "Nous avons trouvé que les participants de cette étude ont tous pris la même quantité de poids quelle que soit la composition de leur alimentation ; cependant, il y avait une grande différence dans la façon dont le corps stockait les calories supplémentaires. Ceux qui avaient une alimentation riche et normale en protéines stockaient 45 % de ces calories en excès sous forme de tissu maigre, en masse musculaire, tandis que ceux qui suivaient un régime alimentaire faible en protéines stockaient 95 % des calories excédentaires sous forme de graisse."

Les chercheurs de conclure que l’un des mécanismes pour réussir à maigrir avec une alimentation hyperprotéinée, comme le régime Atkins ou l’Ideal Protein Diet, pourrait être dû à une augmentation du processus naturel du corps à métaboliser la nourriture en énergie après les repas.

Les chercheurs déclarent que les résultats de cette étude renforcent l’importance de créer un déficit d’énergie si on cherche à maigrir, ce qui montre que perdre du poids, quelle que soit la composition de son alimentation, n’est pas possible sans réduire la part des calories avalées quotidiennement, afin qu’elle soit moins élevée que la part des calories qui sont brûlées.

"Les régimes alimentaires riches en protéines pour maigrir ou pour construire du muscle peuvent certainement être efficaces, mais la composition de l’alimentation doit être maintenue si ceux qui suivent ce genre de régime veulent voir des résultats et les conserver", expliquent les chercheurs. En outre, il est important d’équilibrer la quantité de calories que l’on mange et celle que l’on brûle sur une base journalière. Ce concept, connu comme étant la "balance énergétique", est vital pour contrôler son poids. L’étude de Frost confirme qu’il n’est pas possible de réussir à maigrir avec un régime alimentaire hyperprotéiné seulement, ni avec toute sorte d’alimentation, sans brûler plus de calories que celles qui sont consommées, ce qu’on appelle le "déficit énergétique".

L’étude était randomisée et contrôlée, et a suralimenté 16 individus en bonne santé avec différentes quantités de protéines (faible : 5 %, moyenne : 15 % et élevée : 25%) pendant huit semaines pendant qu’ils étaient sous contrôle métabolique. La thermogenèse induite par l’alimentation, qui est l’un des trois composants du taux métabolique, a été mesurée sur quatre heures par calorimétrie indirecte après les repas. Les résultats ont montré qu’une exposition prolongée à des alimentations riches en protéines ne modifie pas la thermogenèse causée par l’alimentation, et cela montre que c’est dans le cadre d’une régulation précise qui n’est pas impliquée dans une thermogenèse adaptative, ou une augmentation maintenue du métabolisme.

Références :

[1] Effect of Dietary Protein Intake on Diet-Induced Thermogenesis During Overfeeding. Elizabeth Frost. The Obesity Society.


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