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Le sport extrême est associé à un empoisonnement du sang

mercredi 17 juin 2015

Des chercheurs ont découvert que l’exercice extrême peut causer une fuite des bactéries intestinales vers le sang, ce qui empoisonne le sang.

Des experts de l’Université Monash ont enregistré des individus qui participaient à tout un ensemble d’épreuves d’endurance extrême, comprenant des ultra-marathons de 24 heures, des ultra-marathons à étapes multiples et des courses sur plusieurs jours consécutifs [1].

"Des échantillons de sang prélevés avant et après les épreuves, comparés à ceux d’un groupe de contrôle, ont démontré que le fait de faire de l’exercice pendant une période de temps prolongée modifiait les parois de l’intestin, ce qui permettait aux bactéries, connues comme étant des endotoxines, naturellement présentes dans l’intestin, de fuir vers le sang. Cela provoquait ensuite une réaction inflammatoire systémique des cellules immunitaires du corps, identique à celle qu’on peut voir lors d’un épisode infectieux sérieux".

L’étude a trouvé que les individus qui sont en bonne forme physique, en bonne santé et qui suivent un entrainement régulier dans le but de participer à des épreuves d’endurance extrême développent des mécanismes immunitaires pour contrecarrer cela, sans effets secondaires.

Cependant, les individus qui prennent part à des épreuves d’endurance extrême, notamment dans la chaleur et avec peu d’entrainement, exercent un énorme stress sur leur corps qui va au-delà de ses capacités de protection. Avec des niveaux élevés d’endotoxines dans le sang, la réaction du système immunitaire peut être beaucoup plus importante que l’action contraire et protectrice du corps. Dans les cas extrêmes, elle conduit à un syndrome inflammatoire systémique causé par une infection, qui peut être fatal s’il n’est pas diagnostiqué ni traité rapidement.

"Presque tous les participants dans notre étude avaient des marqueurs sanguins identiques à ceux des patients qui avaient été admis à l’hôpital pour cause d’infection. Cela vient de ce que les bactéries endotoxines qui filtrent dans le sang, conséquence de l’exercice physique extrême, provoquent une action des cellules immunitaires du corps." Cette étude renforce les recommandations faites à ceux qui veulent prendre part à des épreuves d’endurance extrême de passer un examen de santé au préalable, et de mettre en place un programme d’entrainement qui améliore progressivement leur forme physique afin de se préparer aux stress et à l’extrême tension de l’épreuve.

Le Dr Costa, auteur de l’étude, déclare que tout ce qui dépasse quatre heures d’exercice physique et les jours répétés d’endurance est considéré comme extrême. "L’exercice physique de ce genre n’est plus quelque-chose d’inhabituel, il n’y a qu’à voir la liste des épreuves de marathons, de triathlons Ironman, d’ultra-marathons et de trial extrêmes qui sont la norme car ils sont de plus en plus populaires."

"Il est crucial que quiconque s’inscrit à une telle épreuve soit passé par un examen médical avant, et se soit régulièrement entrainé, plutôt que de se lancer tête baissée dans un marathon avec seulement quelques mois d’entrainement," dit-il. L’équipe de recherche a trouvé que les individus qui étaient les plus en forme, et qui s’étaient entrainés sur une période plus longue avant une épreuve d’ultra-marathon, avaient des niveaux plus élevés d’interleukine-10, qui est un agent anti-inflammatoire, ce qui leur permettait de minimiser la réaction immunitaire qui impacte négativement la santé.

"Le corps a la capacité de s’adapter et de freiner les réponses immunitaires négatives provoquées par les épreuves d’endurance extrême. Mais si vous ne vous êtes pas assez entrainé, et si vous n’êtes pas en bonne forme physique, vous pourriez avoir des problèmes," dit le Dr Costa.

Références :

[1] S. Gill, J. Hankey, A. Wright, S. Marczak, K. Hemming, D. Allerton, P. Ansley-Robson, R. Costa. The Impact of a 24-h Ultra-Marathon on Circulatory Endotoxin and Cytokine Profile. International Journal of Sports Medicine, 2015.


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