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Le style de vie affecte plus l’espérance de vie que la génétique

mardi 8 février 2011

Le nombre d’années qu’ont vécu vos parents n’affecte pas votre espérance de vie ni longévité. Une étude de l’Université de Göteborg, publiée dans le Journal of Internal Medicine [1], montre que c’est en fait la manière dont vous vivez qui détermine l’âge jusqu’auquel vous vivrez.

On suppose souvent que les gens qui ont eu des parents qui ont vécu très vieux sont plus susceptibles de vivre eux aussi très vieux.

"Mais ce n’est pas vrai, notre étude montre que les facteurs héréditaires ne jouent pas un rôle majeur, et que le style de vie a un impact plus grand" dit le professeur émérite Lars Wilhelmsen, se référant à "l’étude 1913 sur les hommes" qui sert de fondement à sa recherche actuelle.

Ceux qui ne fument pas, qui consomment des quantités modérées de café et qui ont un statut socio-économique correct à l’âge de 50 ans (mesuré en terme de dépenses domestiques), tout comme une bonne capacité de travail physique à l’âge de 54 ans et peu de cholestérol à 50 ans, ont les plus grandes chances de fêter leur 90° anniversaire.

"C’est un élément nouveau" dit Wilhelmsen. "Plusieurs de ces facteurs ont déjà été identifiés comme jouant un rôle dans les maladies cardiovasculaires, mais nous montrons ici qu’ils sont importants pour la longévité en général." Il pense qu’il est significatif que cette recherche illustre si clairement que nous n’héritons pas de la mortalité dans une large mesure, mais qu’au lieu de cela, c’est la somme de nos propres habitudes qui a l’impact le plus grand.

"L’étude montre clairement que nous pouvons influencer plusieurs des facteurs qui décident de l’âge jusqu’auquel nous irons" dit Wilhelmsen. "C’est non seulement positif pour l’individu, mais aussi pour la société car cela n’occasionne pas plus de couts médicaux."

L’étude des hommes nés en 1913

L’étude épidémiologique de 1913 a commencé en 1963. Un tiers de tous les hommes de 50 ans de Göteborg a été convoqué pour un examen de santé qui se focalisait sur la santé cardiovasculaire. Tous les dix ans, un nouveau groupe de quinquagénaires a été appelé à rejoindre l’étude, et ceux qui prenaient déjà part à l’étude ont eu un nouvel examen de santé.

Cela a permis aux chercheurs de suivre le développement des maladies dans un groupe d’âge spécifique, et de comparer la santé des quinquagénaires en 2003 à celle des quinquagénaires en 1963 par exemple. Les femmes ont aussi été inclues dans l’étude depuis 2003. Plusieurs variables ont été étudiées durant toutes ces années, comme l’IMC, le tabagisme, le cholestérol, l’activité physique et sportive et la tension artérielle.

Les hommes nés en 1913 ont été examinés quand ils avaient 50, 54, 60, 67, 75 et 80 ans. Sur les 855 hommes qui ont pris part à l’étude depuis le début, 111 (13%) étaient toujours en vie à l’âge de 90 ans.

Durant ces années, ce matériau a généré plusieurs articles de recherche et thèses. Un résultat intéressant à été publié en 2008, quand les chercheurs étaient en mesure de montrer que la baisse du nombre de fumeurs, associée à des niveaux plus faibles de cholestérol et une réduction de la tension artérielle, entre 1963 et 2003, pouvaient donner une explication pour le ralentissement marqué du nombre de crises cardiaques durant cette période de 40 ans.

Références :

[1] Factors associated with reaching 90 years of age : a study of men born in 1913 in Gothenburg, Sweden. L. Wilhelmsen, K. Svärdsudd, H. Eriksson, A. Rosengren, P.-O. Hansson, C. Welin, A. Odén, L. Welin, Journal of Internal Medicine.


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