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Les applications mobiles pour arrêter de fumer ne sont pas efficaces

samedi 23 novembre 2013

Des millions de fumeurs ont un smartphone et nombreux sont ceux qui se tournent vers les applications mobiles pour essayer d’arrêter de fumer. Mais d’après une étude de l’American Journal of Preventive Medicine [1], les applications les plus populaires pour Iphones et Android contre le tabagisme ne possèdent pas les stratégies de base qui sont connues pour aider les fumeurs à arrêter.

"Les applications mobiles pour arrêter de fumer sont des outils de plus en plus disponibles pour les fumeurs" explique Lorien Abroms, auteur de l’étude. "Pourtant, notre étude montre que ces applications sont loin d’être en accord avec les pratiques dont nous savons qu’elles peuvent réellement aider les gens à écraser leur dernière cigarette".

Les chercheurs ont collecté des données sur ces applications anti-tabac pour Iphone et Android, qui sont les deux principaux systèmes d’exploitation des smartphones. Ils ont découvert que les applications pour les smartphones sont très demandées dans le monde entier, avec plus de 700000 téléchargements de ces applications chaque mois pour les téléphones sous Android seuls. La popularité de ces applications exprime la forte volonté des fumeurs d’arrêter, qui sont plus de la moitié en 2010 à avoir essayé.

Les chercheurs ont identifié 414 applications pour cesser de fumer pour Iphone et Android, et ils se sont concentrés sur les 50 appli les plus populaires pour chaque système d’exploitation. L’équipe a analysé chaque approche pour arrêter de fumer pour chacune des applications, comprenant leur adhésion aux recommandations proposées par les Services de la Santé Publique des États-Unis face au tabagisme. Les recommandations ont passé en revue des décennies d’études scientifiques et apportent des recommandations sur les moyens les plus efficaces pour lutter contre l’habitude de fumer.

Globalement, l’étude a découvert que les applications les plus populaires n’apportaient pas aux fumeurs les meilleures options de traitement, du moins du point de vue de la pratique clinique. Par exemple, aucune de ces applications ne recommandait aux fumeurs d’appeler l’un des numéros des centres anti-tabac, comme celui de "tabac info service", qui permet d’entrer en relation avec des conseillers formés pour apporter des directives sur l’arrêt du tabac. Selon les services de la Santé Publique, ces conseillers peuvent plus que doubler les chances d’un fumeur de réussir à arrêter de fumer.

Et moins d’une application sur 20 recommandait aux fumeurs d’essayer de prendre des médicaments pour les aider à résister aux manques. Les chercheurs savent que les thérapies de substitution de la nicotine peuvent être un outil efficace dans certains cas, surtout quand ils sont pris avec le suivi d’un conseiller. En fait, le recours à ces conseillers associé à une prise de médicaments peut plus que tripler les chances d’un fumeur de rejoindre les rangs des anciens fumeurs. La plupart des applications manquent aussi des meilleurs conseils sur la façon d’arrêter de fumer et n’apportent pas d’assistance pour la conception d’un plan pour arrêter de fumer.

Cette étude a cependant quelques limites, comme le fait qu’elle n’apporte pas d’éclairage sur la façon dont les applications sont utilisées une fois téléchargées, ni si les gens les utilisent en association avec d’autres méthodes efficaces. Les chercheurs proposent que les gens devraient y avoir recours avec prudence, et pas sans une autre méthode valide pour cesser de fumer.

En fait, le chercheur suggère que les fumeurs devraient envisager d’avoir recours aux nouvelles technologies comme leur smartphone non pas pour simplement télécharger l’une de ces applications, mais pour appeler l’un des centres anti-tabac afin d’obtenir une aide valable sur les meilleurs moyens de lutter contre leur addiction au tabac.

Références :

[1] A Content Analysis of Popular Smartphone Apps for Smoking Cessation. American Journal of Preventive Medicine.


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