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Les effets de la course d’endurance

lundi 29 novembre 2010

En utilisant une unité IRM mobile, des chercheurs ont suivi des coureurs pendant deux mois sur une course de 4500 kilomètres, pour étudier comment leurs corps réagissaient aux conditions importantes de stress dues à cette course sur une distance ultra longue. L’étude en question a été présentée lors de la conférence annuelle 2010 de la Radiological Society of North America (RSNA) [1].

"Grace aux dispositions exceptionnelles de cette étude, nous sommes en mesure d’obtenir quantités de données concernant la façon dont la course d’endurance affecte les muscles et la graisse du corps" explique le Dr Uwe Schütz. "La plupart de ce que nous avons appris jusqu’à présent peut aussi être appliqué au coureur moyen."

La course TransEurope-FootRace de 2009 s’est déroulée du 19 avril au 21 juin 2009. Elle a commencé dans le sud de l’Italie et a traversé approximativement 4488 kilomètres jusqu’au cap Nord en Norvège. 44 coureurs (66%) ont accepté de participer à cette étude.

Des échantillons d’urine et de sang, tout comme des données biométriques, ont été collectées tous les jours. Les coureurs étaient aussi répartis au hasard pour passer d’autres examens, comme des électrocardiogrammes, pendant la durée de l’étude. 22 des coureurs de l’étude ont passé un IRM de tout le corps tous les trois jours environ pendant la course, totalisant 15 à 17 examens sur une période de 64 jours.

A la fin de la course, les chercheurs ont commencé à évaluer les données pour déterminer, entre autres choses, les modifications causées par le stress dans les jambes et les pieds par le fait de courir.

Le volume de tout le corps, la graisse du corps, la graisse viscérale, le tissu adipeux sous-cutané abdominal, et la graisse et le muscle des extrémités inférieures ont été mesurés. Les techniques avancées d’IRM ont permis aux chercheurs de quantifier les modifications des tissus musculaires, de la graisse et du cartilage. Selon le Dr Schütz, l’IRM est le meilleur moyen pour évaluer le système musculo-squelettique du coureur.

Les résultats ont montré que les coureurs ont perdu en moyenne 5,4% de leur volume corporel sur la durée de la course, dont la plupart dans les 2000 premiers kilomètres. Ils ont perdu 40% de leur graisse du corps dans la première moitié de la course, et 50% sur toute la durée de l’épreuve. La perte de volume musculaire des jambes était en moyenne de 7%.

"L’une des choses surprenante que nous avons trouvée est que malgré le fait qu’ils courraient tous les jours, les muscles des jambes des athlètes s’atrophiaient à cause de leur énorme consommation d’énergie" dit le Dr Schütz.

Tandis que la plupart des gens ne courent pas dans de tels extrêmes, plusieurs autres résultats de l’étude ont tout de même des implications pour les coureurs de marathon, voire même pour les coureurs amateurs.

Par exemple, les résultats ont montré que certaines blessures aux jambes sont sans danger pour continuer à courir. Si un coureur a une inflammation intermusculaire du haut ou du bas de la jambe, il est habituellement possible de continuer de courir sans risques de dommage supplémentaire des tissus. D’autres blessures dues à l’excès, comme l’inflammation des articulations, portent plus de risques de progression, mais sans dégâts persistants à chaque fois. "La règle qui dit que ’s’il y a de la douleur, vous devez arrêter de courir’ n’est pas toujours juste" dit le Dr Schütz.

Une autre découverte clé de l’étude était que le premier tissu affecté par la course étaient les tissus adipeux. Et de façon plus importante, la perte de graisse viscérale (en moyenne 70%) est apparue plus tôt dans le processus de course que ce qu’on pensait. La graisse viscérale est la graisse la plus dangereuse et est associée aux maladies cardiovasculaires. Les résultats révèlent aussi que la plus grande quantité de perte de graisse globalement est survenue tôt dans le processus.

"Quand vous commencez à courir, les effets de la réduction de la graisse sont plus prononcés que chez les athlètes qui ont couru toute leur vie durant" explique Schütz. "Mais vous devez faire ce sport continuellement sur des années. Si vous arrêtez de courir pendant un certain temps, vous aurez besoin de réduire vos apports caloriques ou d’opter pour des exercices d’endurance afin d’éviter de prendre du poids."

Références :

[1] Longitudinal Follow-up of Changes of Body Tissue Composition in Ultra-Endurance Runners during 4.500 km Trans Europe Foot Race 2009 Measured by Whole-Body MR Imaging on a Mobile MR Imaging Truck-trailer. Radiological Society of North America


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