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Les effets du rire répétitif sont identiques à ceux du sport régulier

vendredi 30 avril 2010

Le rire est un processus hautement complexe. Le rire joyeux ou allègre est considéré comme un stress positif (nommé "eustress") qui implique des activités cérébrales compliquées conduisant à un effet positif pour la santé. Norman Cousins a le premier suggéré, dans les années 1970, l’idée que l’humour, et le rire associé, pouvaient bénéficier à la santé de l’individu. Ses travaux sont né quand une personne diagnostiquée avec une maladie auto-immune a documenté son utilisation du rire jusqu’à la rémission. Il a publié ses résultats de recherches personnelles dans le New England Journal of Medicine, et est considéré comme l’un des premiers architectes de la "médecine corps-esprit".

Le Dr. Lee Berk, chercheur et spécialiste de médecine générale et de psycho-neuro-immunologie à l’Université de Loma Linda, Californie, et le Dr Stanley Tan, ont repris là où Cousins s’était arrêté. Depuis les années 1980, ils ont étudié les réponses du corps humain au rire gai, et ont découvert que le rire aidait à optimiser plusieurs des fonctions des différents systèmes du corps. Berk et ses collègues ont été les premiers à établir que le rire aidait à optimiser les hormones du système endocrinien, y compris à réduire les niveaux de cortisol et d’épinéphrine, qui permettent une réduction du stress

Ils ont aussi montré que le rire avait un effet positif sur les composants modulaires du système immunitaire, avec la production d’anticorps et l’activation des cellules protectrices du corps, comme les cellules T, et plus spécialement les cellules naturelles tueuses qui annihilent l’activité des cellules tumorales. Leurs études ont montré que des rires allègres répétés provoquaient des réponses corporelles d’une façon identique à celles d’une activité physique modérée. Ces rires améliorent votre humeur, diminue les hormones de stress, augmentent l’activité immune, réduisent le mauvais cholestérol et la tension sanguine systolique, et élèvent le bon cholestérol (HDL).

Comme Berk l’explique : "nous commençons finalement à réaliser que nos comportements de tous les jours et nos émotions modulent nos corps de différentes façons." Sa dernière recherche étend le rôle du rire même plus loin.

L’humeur contre l’angoisse, et les hormones de l’appétit

Berk et ses collègues ont réalisé une étude dans laquelle 14 volontaires en bonne santé ont été recrutés pendant trois semaines pour examiner les effets que l’eustress (stress positif) et l’angoisse (stress négatif) ont dans la modulation des hormones clés qui contrôlent l’appétit.

Pendant cette étude, chaque sujet devait regarder une vidéo de 20 minutes au hasard qui était soit triste (pénible) soit drôle (eustress). L’étude était croisée, ce qui signifie que les volontaires attendaient une semaine après avoir regardé la première vidéo pour en éliminer l’effet, puis ils ont regardé le genre de vidéo opposé.

Pendant l’étude, les chercheurs ont mesuré la tension de chaque sujet et ont pris des échantillons de sang immédiatement avant et après qu’ils aient regardé les films. Chaque échantillon de sang était séparé en ses composants, et le sérum liquide a été examiné pour analyser les niveaux des deux hormones impliquées dans l’appétit, la leptine et le ghréline, à chaque étape de l’étude.

Quand les chercheurs ont comparé les niveaux des hormones avant et après le visionnage, ils ont trouvé que les volontaires qui regardaient les films pénibles n’avaient pas montré de modifications statistiques significatives de leurs niveaux d’hormones de l’appétit pendant les 20 minutes qu’ils ont passé à regarder la vidéo.

En revanche, les sujets qui ont regardé les vidéos drôles ont vécu des changements de leur tension sanguine et aussi des niveaux de leptine et de ghréline. Plus spécifiquement, les niveaux de leptine ont diminué en même temps que ceux de la ghréline augmentaient, proche de l’effet de l’activité physique modérée qui est souvent associée à une augmentation de l’appétit.

Berk explique que sa recherche ne conclut pas que l’humour augmente l’appétit. Il explique : "la réalité ultime de cette recherche c’est que le rire cause une large variété de modulations et que les réponses du corps aux rires répétitifs sont identiques à celles des effets d’exercices répétitifs. La valeur de la recherche est que cela pourrait apporter aux professionnels de la santé de nouvelles visions et compréhensions, et de ce fait des options supplémentaires pour les patients qui ne peuvent pas avoir recours à l’activité physique pour normaliser ou augmenter leur appétit."

La perte d’appétit pourrait avoir une nouvelle option de traitement

De nombreuses personnes âgées souffrent par exemple souvent de "dépérissement ". Elles deviennent dépressives et, associé à un manque d’activité physique, perdent leur appétit et mettent en danger leur santé et bien-être. A partir de la recherche de Berk, ces patients pourraient être en mesure d’utiliser ce mode du rire comme alternative, de prime abord moins énergique que du sport, pour retrouver leur appétit.

Une perte d’appétit similaire se voit souvent chez les veufs(ves), qui souffrent de dépression après la perte de leur époux(se). Ceci résulte souvent en une diminution de la fonction du système immunitaire et des maladies subséquentes chez le conjoint survivant. Les patients souffrant de douleurs chroniques souffrent aussi d’une perte de l’appétit à cause des modifications chimiques dans leur corps qui causent un inconfort intolérable.

Alors que le rire pourrait sembler inimaginable en cas de grave dépression ou de douleurs chroniques intenses, il pourrait constituer un point de départ alternatif accessible pour ces patients dans le but de retrouver l’appétit, et en conséquence améliorer et augmenter leur rétablissement.

La recherche de Berk élargit le rôle du rire sur le corps humain et la santé de la personne en général, mais cela complique aussi une émotion déjà bien complexe. Il reconnait : "je suis plus fasciné par les interactions du rire avec les réponses du corps. Il est fascinant de voir que les émotions positives qui résultent de comportements comme la musique ou le chant, et donc aussi le rire, se traduisent en tant de types d’optimisations des mécanismes biologiques.

Peut-être que finalement la maxime populaire disant que "le rire est le meilleur médicament" est-elle vraie ?


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