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Les gènes n’empêchent pas de maigrir

samedi 24 septembre 2016

Une étude montre que si vous pouvez blâmer vos gènes parce que vous pesez plus lourd ou parce que votre risque d’être en surpoids est plus important, vous ne pouvez pas blâmer vos gènes si vous n’arrivez pas à perdre de poids.

Les individus qui sont porteurs du gène FTO sont connus pour être en moyenne plus lourds de 6 kilos et 70 % plus susceptibles d’être obèses. Cependant, des chercheurs de l’Université de Newcastle ont publié une analyse dans le BMJ [1], qui regroupe huit études et plus de 9000 personnes, qui montre que le fait d’être porteur de ce gène ne les empêche pas de maigrir. L’auteur, John Mathers de l’Université de Newcastle, déclare : "vous ne pouvez plus blâmer vos gènes. Notre étude montre que le fait d’améliorer son alimentation et d’être plus actif physiquement va permettre de perdre du poids, quelque-soit la génétique d’un individu."

L’obésité est un problème de santé majeur de nos jours. Pour certaines personnes, le fait de porter la variation du gène FTO peut les conduire à être plus lourds et à augmenter le risque d’obésité. Le gène FTO a montré qu’il avait l’effet le plus important dans ce domaine. Dans une revue systématique et méta-analyse collaborative, l’équipe internationale de chercheurs a utilisé les données provenant de 9563 adultes qui avaient participé à des études contrôlées sur la perte de poids dans le monde pour savoir si le fait d’être porteur de la version à risques du gène FTO modifiait la quantité de poids qu’un individu pouvait perdre.

Ils ont découvert que la version à risque du gène FTO n’avait pas d’effet sur la perte de poids, comme le Professeur Mathers l’explique : "nous étions très excités de découvrir que les gens qui étaient porteurs de cette version du gène FTO répondaient aussi bien aux programmes pour maigrir que n’importe quel autre individu. C’est une information très importante pour tous ceux qui veulent maigrir car cela signifie que le régime, l’activité physique ou les médicaments marcheront aussi bien chez ceux qui sont porteurs du gène FTO. Pour les professionnels de la santé, cela veut dire que les effets secondaires du génotype FTO sur la prise de poids ne constituent pas un obstacle à la perte de poids."

Les porteurs du gène FTO

L’équipe de recherche a notamment découvert que les réponses aux interventions pour maigrir chez les gens qui sont porteurs de la variante à risques du gène FTO étaient identiques pour les hommes et pour les femmes, pour les jeunes et les plus âgés et quelque-soit l’origine ethnique des individus. Cependant, la plupart des individus testés dans ces études étaient Caucasiens avec un petit nombre de sujets originaires d’Afrique ou Hispaniques. Les chercheurs précisent donc qu’il faudra plus d’études pour explorer les effets du gène FTO sur la perte de poids chez les individus d’autres origines. En outre, les effets d’autres gènes relatifs à l’obésité sur la perte de poids restent à étudier.

Les scientifiques rappellent que les causes de l’épidémie d’obésité sont multiples et complexes, mais les éléments de preuve actuels montrent qu’ils ont peu de rapport avec les profils génétiques. Si nous voulons inverser la tendance de l’obésité, il faut notamment se focaliser sur des interventions visant l’environnement et les comportements de chacun (alimentaire, exercice) plutôt que la génétique qui ne sera pas payant à court terme.

Références :

[1] Katherine M Livingstone, Carlos Celis-Morales, George D Papandonatos, Bahar Erar, Jose C Florez, Kathleen A Jablonski, Cristina Razquin, Amelia Marti, Yoriko Heianza, Tao Huang, Frank M Sacks, Mathilde Svendstrup, Xuemei Sui, Timothy S Church, Tiina Jääskeläinen, Jaana Lindström, Jaakko Tuomilehto, Matti Uusitupa, Tuomo Rankinen, Wim H M Saris, Torben Hansen, Oluf Pedersen, Arne Astrup, Thorkild I A Sørensen, Lu Qi, George A Bray, Miguel A Martinez-Gonzalez, J Alfredo Martinez, Paul W Franks, Jeanne M McCaffery, Jose Lara, John C Mathers. FTO genotype and weight loss : systematic review and meta-analysis of 9563 individual participant data from eight randomised controlled trials. BMJ, 2016.


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