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Les habitudes facilitent le grignotage

mardi 6 septembre 2011

Une étude explique pourquoi les gens mangent par habitude, même quand ils mangent des aliments rassis, et propose un moyen de combattre ce grignotage inconscient.

Mangez-vous toujours du pop-corn au cinéma ? Ou grignotez-vous pendant que vous êtes devant la télévision ? Une étude de chercheurs de l’USC révèle pourquoi les mauvaises habitudes persistent même quand la nourriture que nous avalons n’est pas très bonne. L’étude donne également des moyens très simples pour contrer nos habitudes et contrôler ce que nous mangeons.

Dans une expérience ingénieuse, des chercheurs ont proposé à des individus qui entraient dans une salle de cinéma un seau de pop-corn soit tous frais et justes éclatés, soit rassis datant de la semaine passée.

Ceux qui vont au cinéma et qui ne mangent habituellement pas de popcorns pendant un film ont mangé moins de popcorns rassis que de popcorns frais. Évidemment parce que les popcorns rassis n’étaient pas aussi bons.

Mais ceux qui allaient au cinéma et qui indiquaient qu’ils mangeaient toujours des popcorns pendant le film mangeaient environ la même quantité de popcorns qu’ils soient frais ou rassis. En d’autres termes, pour ceux qui avaient l’habitude de manger des popcorns au cinéma, ça ne faisait pas de différence que les popcorns soient bons ou non.

"Quand nous mangeons un aliment particulier dans un environnement particulier, nos cerveaux en viennent à associer l’aliment avec cet environnement et nous conduisent à manger aussi longtemps que ces signaux environnementaux sont présents" explique David Neal l’auteur de l’étude.

L’étude, publiée dans le journal Personality & Social Psychology Bulletin [1], permettra de mieux comprendre la suralimentation et les conditions qui pourraient pousser les gens à manger même quand ils n’ont pas faim, ou qu’ils n’aiment pas l’aliment qu’ils mangent.

"Les gens croient que leur comportement alimentaire est largement activé par le goût des aliments. Personne n’aime les popcorns froids, spongieux et rassis" explique Wendy Wood, co-auteure de l’étude. "Mais une fois que nous avons formé une habitude d’alimentation, nous ne faisons pas attention si l’aliment est bon. Nous en mangerons exactement la même quantité, qu’il soit frais ou rassis."

Les chercheurs ont contrôlé la faim des participants et s’ils aimaient les popcorns qu’ils recevaient. Ils ont également donné des popcorns à un groupe contrôle qui regardait des vidéos dans une salle de réunion plutôt que dans un cinéma.

Dans la salle de réunion, qui est un espace habituellement non associé aux popcorns, cela avait beaucoup d’importance si les popcorns étaient bons. En dehors du contexte du cinéma, même les mangeurs habituels de popcorns mangeaient moins de popcorns rassis que de frais, ce qui démontre la portée des signaux environnementaux provoquant un comportement d’alimentation automatique.

"Les résultats montrent seulement combien notre environnement peut être puissant pour ce qui est de stimuler un comportement malsain" dit Neal. "Parfois la volonté et les bonnes intentions ne suffisent pas, et nous avons besoin de tromper nos cerveaux en contrôlant au lieu de cela l’environnement."

Dans une autre expérience au cinéma, les chercheurs ont testé une simple rupture des habitudes automatiques d’alimentation. Une fois encore en utilisant des popcorns frais et rassis, les chercheurs ont demandé aux participants sur le point d’entrer pour voir un film, de manger des popcorns soit avec leur main dominante ou non dominante (gaucher ou droitier).

Le fait d’utiliser leur main non-dominante semblait rompre les habitudes d’alimentation et faire que les gens portaient davantage attention à ce qu’ils mangeaient. Quand ils utilisaient une main non-dominante, les personnes qui allaient au cinéma mangeaient beaucoup moins de popcorns rassis que de popcorns frais, et cela marchait même pour ceux qui avaient de fortes habitudes de consommation de popcorns.

"Il n’est pas toujours facile pour les personnes qui sont au régime d’éviter ou de modifier les environnements dans lesquels elles mangent trop" dit Wood. "Il peut être plus faisable pour ceux qui suivent un régime de rompre activement les modèles établis de la manière dont ils mangent, à travers des techniques simples comme changer la main qu’ils utilisent pour manger."

Références :

[1] Neal et al., The Pull of the Past : When Do Habits Persist Despite Conflict With Motives ? Personality and Social Psychology Bulletin : 2011.


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