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Les hommes préfèrent-ils les blondes ?

dimanche 18 mars 2012

Il existe de nombreuses expressions évoquant des attributs physiques spécifiques : grand, ténébreux ou beau ; rousse fougueuse ; tête des mauvais jours et yeux cernés. De tous les stéréotypes reposant sur l’apparence, sans doute aucun n’égale dans son omniprésence celui de la blondeur. Combien de titres de la culture populaires comprenaient une référence aux blond(e)s, comme le très populaire film avec Marylin Monroe "les hommes préfèrent les blondes" (1953), et le titre de Rod Stewart " Blondes Have More Fun".

Mais y a-t-il un fond de vérité dans toutes ces croyances largement partagées ? Les hommes ont-ils réellement une préférence pour les blondes ? Les blondes sont-elles vraiment jugées différemment parmi un large ensemble de caractéristiques ?

Dans un article publié dans le Journal de Psychologie Scandinave [1], Viren Swami et Seishin Barrett ont réalisé deux études pour déterminer si la même femme serait approchée différemment par des hommes dans l’un des trois clubs de nuit selon qu’elle est brune, blonde ou rousse (la couleur de ses cheveux étant manipulée en utilisant des colorants). Et pour évaluer si des photos d’une même femme colorée avec l’une des trois couleurs de l’étude précédente obtiendraient différentes évaluations d’hommes qui auraient à choisir l’une des dix caractéristiques suivantes : attirance physique, promiscuité sexuelle, intelligence, introversion, névrose, abordable, compétente, arrogance, sensibilité et instabilité.

Les deux études ont été dirigées dans la région de Londres. Elles consistaient toutes deux respectivement en 120 et 126 participants masculins, dont voici les principaux résultats :

Étude 1 : approche dans un club
Blonde Brune Rousse
Club 1 26 16 4
Club 2 15 12 8
Club 3 19 14 6
Total 60 42 18

Les proportions sont statistiquement différentes l’une de l’autre dans l’attitude postulée (i.e. les blondes étaient approchées plus fréquemment que les brunes et les rousses).

Étude 2 : description photo

Brune : des scores plus élevés que pour les deux autres couleurs de cheveux à propos de l’attirance physique, l’intelligence, la compétence et l’arrogance. Un score plus élevé que les rousses concernant le caractère abordable.

Blonde : des scores plus élevés que les deux autres couleurs concernant la sensibilité.

Rousse : un score plus élevé que les deux autres couleurs de cheveux à propos de l’instabilité. Cela semble être une manifestation du stéréotype de la "fougueuse rousse".

Aucune différence pour la promiscuité sexuelle, l’introversion et la névrose. Comme le font remarquer les auteurs, il est difficile de réconcilier les résultats des deux études dans un scénario cohérent. Par exemple, dans la première étude, la complice blonde était celle qui était la plus souvent approchée, mais elle était jugée comme étant moins attirante que la brune de la seconde étude. En outre, la blonde était jugée comme étant aussi abordable que la brune ou la rousse, ce qui n’explique pas les résultats de la première étude. Le fait que les hommes approchent la complice blonde plus souvent ne peut pas être attribué à une plus grande promiscuité sexuelle envers la blonde étant donné que la deuxième étude n’a pas trouvé de différence sur cette caractéristique particulière.

Il semblerait (du moins dans cet exemple et échantillon restreint) que les femmes blondes soient plus souvent approchées dans une boite de nuit, mais sont généralement jugées plus sévèrement parmi une large gamme de caractéristiques. La préférence de couleur des cheveux est probablement dirigée par des idiosyncrasies individuelles, tout comme des différences interculturelles (c’est une préférence qui prend sans doute racine dans l’évolution, sans tenir compte du fait que certains chercheurs ont déclaré que des cheveux plus clairs étaient associés à la jeunesse, un trait universellement apprécié par les hommes).

Références :

[1] British men’s hair color preferences : An assessment of courtship solicitation and stimulus ratings. Scandinavian Journal of Psychology, Volume 52, Issue 6, pp 595–600, 2011.


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