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Les interventions visant à augmenter l’activité physique des enfants sont-elles une perte de temps ?

dimanche 30 septembre 2012

D’après une étude publiée dans le British Medical Journal [1], les interventions pédagogiques visant à augmenter l’activité physique des enfants ont peu d’impact sur leurs niveaux d’activité globale, et en conséquence sur la masse et la graisse des enfants.

Des études passées ont montré que des niveaux d’activité physique plus importants étaient associés à des niveaux d’indice de masse corporelle (IMC) plus faibles, mais que les interventions axées sur l’activité physique avaient été un échec pour ce qui était d’améliorer l’IMC des enfants.

Plusieurs analyses n’ont cependant pas limité leurs analyses à l’activité d’une journée entière, et certaines reposaient sur des questionnaires plutôt que sur des mesures objectives d’activité physique comme les podomètres pour mesurer les pas réalisés quotidiennement. Mais cette revue systématique des études disponibles a mesuré l’activité physique, en utilisant des appareils comme des accéléromètres pour quantifier le mouvement corporel total pendant les heures de marche.

Les auteurs de l’étude ont pris les résultats de 30 études randomisées et contrôlées ayant eu lieu entre 1990 et 2012. Tous les participants étaient âgés de 13 ans ou moins et ont dû réaliser une intervention qui avait duré au minimum quatre semaines. Huit études n’impliquaient que des enfants en surpoids et obèses, et le reste comprenait des enfants avec des IMC de toutes catégories. Toutes les études étaient classées selon l’âge, l’ethnie et le statut socio-économique et ont été ajustées selon le sexe et l’activité de base. Les effets de l’intervention pédagogique ont été calculés sur l’activité physique totale et le temps passé à faire une activité physique modérée ou vigoureuse.

Les interventions d’activité analysées en comprenait une qui avait cherché à augmenter l’activité physique de 729 enfants (âge moyen de 11 ans) en leur faisant faire trois séances d’activité périscolaire de 90 minutes chacune par semaine. Chaque séance était constituée de 60 minutes d’activité physique intense, mais arrivés à mi-chemin de l’étude les enfants ne faisaient plus que cinq minutes supplémentaires de marche ou de course à pieds par jour, et à la fin de l’étude cet effet avait complètement disparu.

Une autre intervention pédagogique, qui avait eu lieu en Écosse, a eu une durée de 24 semaines et a cherché à augmenter l’activité de 268 enfants en école maternelle en leur faisant faire trois séances de 30 minutes par semaine pendant les heures d’école. De nouveau, cela n’a pas augmenté l’activité des enfants, et cela les a même rendus moins actifs car ils passaient une minute de moins par jour à marcher ou à courir comparés aux enfants du groupe contrôle qui n’avaient rien changé de leurs habitudes.

L’analyse a trouvé que ces interventions ont accompli une augmentation "faible à négligeable" dans le volume d’activité total des enfants, avec des petites améliorations dans le temps passé à faire des activités d’intensité modérée à vigoureuse (égale à quatre minutes de marche ou de course à pieds par jour), ce qui aurait un impact minime sur l’IMC des enfants ou sur leur graisse dans le corps (égale à une réduction de 2mm de la circonférence du tour de taille).

Les auteurs de l’étude suggèrent que ces interventions en milieu pédagogique devraient être remplacées par des périodes d’activité aussi intense comme des clubs d’activité périscolaires qui se dérouleraient à l’extérieur. Des études passées ont montré que les interventions visant l’activité physique des enfants ne marchent pas parce qu’elles conduisent à augmenter la consommation de calories.

Les auteurs de conclure que dans l’esprit du public, l’inactivité physique est une cause majeure d’obésité chez les enfants, et bien que le besoin d’augmenter l’activité physique soit intuitive, la faible augmentation gagnée grâce à ces interventions formelles semblent insuffisantes pour améliorer la masse corporelle et éliminer la graisse chez les enfants. Il faudrait en outre plus d’études mesurant réellement l’activité d’une journée dans sa totalité et l’activité associée précisément à ces périodes d’intervention pédagogiques.

Références :

[1] Effectiveness of intervention on physical activity of children : systematic review and meta-analysis of controlled trials with objectively measured outcomes. BMJ.


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