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Les régimes faibles en sucres peuvent affecter les capacités intellectuelles

samedi 13 décembre 2008

Une étude du département de psychologie de l’Université Tufts a montré que quand les personnes au régime éliminaient les hydrates de carbone de leurs repas, leurs performances intellectuelles s’en ressentaient, notamment dans le cadre de tâches de mémorisation, plus que s’ils réduisaient seulement les calories ingérées tout en maintenant les hydrates de carbone. Lorsque les hydrates de carbone étaient réintroduits, les capacités cognitives retournaient à la normale.

"Cette étude [1] démontre que la nourriture que vous absorbez peut avoir un impact immédiat sur les aptitudes cognitives" explique Holly Taylor, professeur de psychologie à l’université et auteure de l’étude. "Les régimes populaires faibles en hydrates de carbone, ou sans hydrates de carbone du tout, possèdent le plus fort potentiel pour impacter négativement la pensée et l’intellect."

Le cerveau utilise du glucose comme carburant principal, et il n’a pas les moyens de le stocker. C’est plutôt le corps qui transforme les hydrates de carbone en glucose, qui est ensuite transporté vers le cerveau via le sang, et immédiatement utilisé par les cellules nerveuses pour fournir l’énergie nécessaire. Une consommation réduite en hydrates de carbone devrait ainsi réduire la source d’énergie du cerveau. De ce fait, les chercheurs ont émis l’hypothèse que les régimes faibles en hydrates de carbone affecteraient les capacités cognitives.

Les participants de l’étude comprenaient 19 femmes âgées entre 22 et 55 ans qui ont choisi le régime qu’elles préféraient, soit un régime faible en hydrates de carbone soit un régime faiblement calorique mais équilibré, recommandé par l’American Dietetic Association. Neuf femmes ont choisi le régime faible en hydrates de carbone et dix celui faible en calories.

"Bien que l’étude ait été faite sur un échantillon modeste, les résultats ont montré une différence claire dans les performances cognitives en fonction du régime" dit Taylor.

Les 19 sujets à la diète ont complété 5 séances de tests qui évaluaient leurs capacités cognitives, comprenant l’attention, la mémoire à court et long terme, l’attention visuelle et la mémoire spatiale. La première session a été réalisée avant que les participants ne commencent leur régime, les deux sessions suivantes ont eu lieu la première semaine du régime, ce qui correspond à la semaine où ceux suivant le régime faible en hydrates de carbone ont éliminé les hydrates de carbone. Les deux sessions finales ont eu lieu pendant les semaines 2 et 3 du régime, après que les hydrates de carbone aient été réintroduits pour ceux qui les avaient supprimés.

"Les données suggèrent qu’après une semaine de sévère restriction d’hydrates de carbone, la performance de la mémoire, et plus spécialement pour les tâches difficiles, était affaiblie" explique Taylor.

Celles qui suivaient le régime faible en hydrates de carbone ont montré une diminution graduelle des tâches associées à la mémoire, comparées à celles ayant suivi le régime hypocalorique. Le temps de réaction, pour le groupe au régime sans sucres, était plus lent, et leur mémoire spatio-visuelle n’était pas aussi bonne que les autres.

Cependant, ce groupe répondait mieux que le groupe hypocalorique pendant les tâches d’attention/vigilance. Les chercheurs ont noté que les études passées avaient montré que les régimes riches en protéines ou en graisses pouvaient améliorer l’attention d’une personne sur le court terme, ce qui est compatible avec les résultats de cette étude.

On a aussi demandé aux participants d’évaluer leur appétit et leur humeur pendant chaque session. Les évaluations de la sensation de faim ne variaient pas entre les participants ayant suivi le régime faible en hydrates de carbone de celui faibles en calories. La seule différence d’humeur entre les groupes était la confusion, qui était plus élevée pour les gens au régime hypocalorique au milieu de l’étude.

"Bien que cette étude n’ait suivi que des participantes pendant trois semaines, les données suggèrent que les régimes peuvent affecter plus que le poids" dit Taylor. "Le cerveau a besoin de glucose pour son énergie et les régimes réduits en hydrates de carbone peuvent nuire à l’apprentissage, à la mémoire et à la pensée."

Références :

[1] Low-carbohydrate weight-loss diets. Effects on cognition and mood. Danci et al. Appetite, 2009 ; 52 (1) : 96


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