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Obésité : le poids du médecin peut influencer son diagnostic et ses soins

dimanche 26 février 2012

L’indice de masse corporelle d’un patient (IMC) pourrait ne pas être le seul facteur en jeu lorsqu’un médecin diagnostique un patient comme étant obèse. Selon une étude réalisée par des chercheurs de John Hopkins Bloomberg, et publiée dans le journal Obesity [1], le diagnostic peut aussi dépendre du poids de votre médecin.

Les chercheurs ont examiné l’impact de l’IMC du médecin sur ses soins relatifs à l’obésité, et ont découvert que les médecins qui ont un indice de masse corporelle normal, comparés à ceux qui étaient en surpoids ou obèses, étaient plus susceptibles d’engager une discussion avec leurs patients sur leur poids et le moyen d’en perdre (30% contre 18%), et plus enclins à diagnostiquer un patient comme étant obèse s’ils percevaient que l’IMC du patient était égal ou supérieur au leur (93% contre 7%).

"Nos résultats indiquent que les médecins qui ont un IMC normal rapportent plus souvent avoir discuté avec leurs patients des moyens de perdre du poids que les médecins en surpoids ou obèses. Les médecins qui ont un IMC normal ont aussi plus confiance dans leur capacité à donner des conseils en matière de nutrition, de sport, d’exercice, et à percevoir leurs conseils en matière de perte de poids comme étant plus fiables comparés aux médecins en surpoids ou obèses" explique Sara Bleich, auteure principale de l’étude. "En outre, les médecins obèses avaient plus confiance dans la prescription de médications pour perdre du poids, et étaient plus susceptibles de rapporter réussir à aider leurs patients à perdre du poids."

C’est par le recours à une enquête nationale transversale sur 500 médecins généralistes que Bleich et ses collègues ont évalué l’impact du poids des médecins sur les soins relatifs à l’obésité, l’efficacité de celui-ci et les perceptions du physique, et leur perception de la confiance des patients dans les conseils délivrés. Les médecins avec un IMC rapporté sous les 25kg/m² étaient considérés comme de poids normal, et les médecins ayant rapporté un IMC égal ou supérieur à 25kg/m² étaient considérés comme en surpoids ou obèses.

L’obésité est facteur de plusieurs problèmes de santé comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, attaques et hypertension. Malgré les recommandations données aux médecins de conseiller et traiter leurs patients obèses, des études ont montré que seul un tiers de ces patients rapporte recevoir un diagnostic d’obésité, ou des conseils relatifs à leur poids de la part de leur médecin (chiffres USA).

"Alors que nos résultats suggèrent que les pratiques et croyances relatives à l’obésité diffèrent selon l’indice de masse corporelle du médecin, il faudra plus de recherches pour comprendre l’impact total de l’IMC du médecin en matière de soins relatifs à l’obésité" disent les auteurs de l’étude.

"L’auto-efficacité du médecin pour soigner les patients obèses, quelque-soit leur IMC, pourrait être améliorée en ciblant le bien-être des docteurs et en augmentant la qualité de leur formation médicale (continue ou initiale) en rapport à l’obésité" ajoute Bleich.

Références :

[1] Impact of Physician BMI on Obesity Care and Beliefs. Sara Bleich, Wendy Bennett, Kimberly Gudzune, Lisa Cooper. Obesity.


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