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Pour le mal de mer et des transports, contrôlez votre respiration

dimanche 10 janvier 2010

Si vous êtes facilement sujet au mal de mer ou des transports, préparez-vous à des navigations difficiles, équipé de toutes sortes de pseudo gadgets comme les bracelets d’acupression ou autre patch placébo. Mais il y a un autre remède : gérer votre respiration dans le but de contrecarrer le mouvement nauséeux. La technique fonctionne vraisemblablement parce qu’elle aide à contrôler les détecteurs de gravité de l’abdomen, un élément moins connu de notre système de l’équilibre finement réglé.

On pense traditionnellement au cerveau comme étant le centre de contrôle de la position de notre corps en trois dimensions. L’oreille interne perçoit les mouvements de la tête ; les yeux voient où est la tête ; et de minuscules organes sensoriels dans les muscles et les tendons perçoivent où se situe le reste du corps.

Plus récemment, des chercheurs ont réalisé que des capteurs dans plusieurs autres parties du corps jouaient aussi un rôle : dans l’abdomen, dans les organes inférieurs et même dans les vaisseaux sanguins. Aussi longtemps que ces détecteurs envoient des signaux conformes au cerveau, nous nous sentons bien orientés. Mais si un ou deux ne correspondent plus, le cerveau s’embrouille, devient confus, et nous avons des nausées.

Les scientifiques savent que les mouvements qui rendent le plus malade correspondent au rythme de la respiration naturelle ; ils savent aussi que les gens tendent naturellement à respirer en rythme avec le mouvement. Les marins pendant la Seconde Guerre Mondiale avaient découvert qu’ils pouvaient utiliser certains trucs de respiration pour lutter contre le mal de mer. Mais aucun n’avait fait l’essai de respirer en décalage avec le mouvement pour savoir si cela pouvait empêcher les nausées.

Des chercheurs de l’Imperial College de Londres ont enrôlé 26 volontaires pour qu’ils s’assoient sur un simulateur de vol basculant et secouant, et pour qu’ils coordonnent leur respiration de différentes façons avec le mouvement. Les tests ont duré au moins 30 minutes, ou jusqu’à ce que les sujets se sentent modérément malades.

La tendance naturelle était, pour les volontaires, de respirer à chaque inclinaison arrière, en rythme avec le balancement. Mais si les sujets expiraient à chaque basculement arrière, ils n’étaient pas malades aussi rapidement. Ils se sentaient même mieux s’ils respiraient légèrement plus rapidement ou lentement que le mouvement cyclique de la chaise ; en utilisant cette technique, le temps d’apparition des nausées était de 50% plus long que pendant une respiration normale.

Pourquoi ces tactiques fonctionnent-elles ?

Les détecteurs abdominaux sont connus pour envoyer des signaux du mouvement au cerveau plus lentement que ceux de l’oreille interne parce qu’ils sont plus éloignés du cerveau, et parce que les organes abdominaux ont plus de masse, ce qui signifie qu’ils résistent plus longtemps au mouvement. Le retard entre les deux types de capteurs créé une discordance qui se développe dans le cerveau et nous rend graduellement malade, expliquent les chercheurs.

Mais si le diaphragme s’oppose aux mouvements induits par la gravité de l’estomac grâce à une respiration contrôlée, il y a donc moins de conflits sensoriels et moins de nausées. "Cette technique est très bonne pour les petits défis de tous les jours" dit le chercheur médical Michael Gresty. Elle est sans danger et sans médication, et fait mieux que les pseudo solutions et équipements vendus trop chers pour une efficacité placébo. Les résultats ont été publiés dans la revue Autonomic Neuroscience [1].

"Il s’agit d’une étude réalisée avec rigueur qui montre qu’il y a des effets modestes mais réels grâce à la gestion de la respiration contrôlée sur le mal des transports" dit le neuroscientifique Carey Balaban. Mais il ajoute qu’il faudra d’autres expériences pour confirmer le mécanisme proposé.

Références :

[1] Effect of temporal relationship between respiration and body motion on motion sickness. Autonomic Neuroscience, Vol 151, Iss 2, 3 Dec 2009, pp 142-146.


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