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Pourquoi faut-il balancer les bras en courant ?

jeudi 4 août 2016

Avez-vous déjà essayé de courir sans balancer les bras ? Ce n’est pas facile. Chaque pas secoue tout le corps et cela rend l’entrainement plus difficile. Mais est-il vraiment utile de balancer les bras ? Christopher Arellano, de l’Université Brown aux États-Unis déclare : "nous savons, à partir d’autres études publiées, que le balancement des bras a un rôle important dans l’équilibre du mouvement des jambes." Mais on ne savait pas encore vraiment comment le mouvement du haut du corps affectait le coût métabolique de la course à pieds. Et quand les chercheurs ont voulu savoir, à partir de la littérature existante, si les effets métaboliques du balancement des bras avaient été mesurés, ils ont trouvé peu d’études sur le sujet, et qui n’étaient pas d’accord entre elles.

Heureusement, quand le chercheur a commencé son étude [1], il a facilement pu recruter des coureurs. Arellano a donc sélectionné 13 coureurs pour collecter suffisamment de données, dont huit hommes et cinq femmes, qui étaient tous des coureurs accomplis. Ils ont été invités au laboratoire où ils devaient courir normalement sur un tapis de course pendant 7 minutes, pendant que leur consommation d’oxygène et la quantité de dioxyde de carbone exhalée étaient mesurées.

Il leur a ensuite demandé de courir sans bouger les bras en les maintenant librement le long du corps ou derrière, ou bien en croisant les bras sur la poitrine ou encore en mettant les mains au-dessus de la tête. "Je pense que tout le monde reconnaitra que la façon de courir la plus difficile est celle avec les mains positionnées au-dessus de la tête" note le chercheur, qui précise que c’est la position dans laquelle les coureurs ont le plus rapporté avoir mal aux bras à la fin de la séance.

En mesurant la consommation d’oxygène des athlètes ainsi que leur production de dioxyde de carbone, Arellano a ensuite calculé les taux métaboliques pour chacun d’entre eux quand ils balançaient les bras et quand ils les mettaient dans chacune des trois positions. En comparant les quatre taux métaboliques pour chaque individu, les chercheurs pouvaient voir que le fait de balancer les bras réduisait les couts énergétiques de 3 % (par rapport à une position où ils mettaient les bras derrière le dos).

Le balancement des bras permettait aussi d’économiser jusqu’à 13 % par rapport au moment où ils mettaient leurs bras au-dessus de la tête. Et quand Arellano a analysé les mouvements d’épaules des sportifs, il pouvait clairement voir que les coureurs compensaient la perte de balancement des bras par une augmentation du mouvement de pivotement de tout le haut du corps. "Qu’ils en soient conscients ou pas, ils compensaient tous d’une manière très proche en augmentant l’amplitude de rotation de leur torse" dit-il.

Le fait de balancer les bras permet vraiment d’économiser de l’énergie pour les coureurs, et cela aide à minimiser l’importance de la rotation du corps pendant que nous balançons les jambes, ce qui a conduit les chercheurs à se demander si les bénéfices métaboliques du balancement des bras l’emportaient sur le cout du poids des membres.

Expliquant qu’ils s’étaient intéressés à la façon dont l’énergie métabolique est répartie entre les différents aspects d’une activité, Arellano déclare : "les bras pèsent environ 10% du corps, ainsi si nous les retirions, nous pourrions hypothétiquement gagner 10 % du coût métabolique de la course à pieds, mais en même temps nous n’aurions pas de masse pour contrecarrer le mouvement des jambes, ainsi il serait plus difficile de se stabiliser en courant."

Les chercheurs vont poursuivre leurs recherches sur deux des coureurs dont les couts de la course à pieds n’ont pas été améliorés par le mouvement de leurs bras. "Soit ils ne profitaient pas du balancement des bras, soit ils modifiaient quelque-chose dans leur style de course pour conserver les couts métaboliques au même niveau" conclut-il.

Références :

[1] The metabolic cost of human running : is swinging the arms worth it ? Arellano, C. J., Kram, R.(2014). J. Exp. Biol. 217, 2456-2461.


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