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Pourquoi le sport ne fait pas maigrir

samedi 30 janvier 2016

L’exercice physique en soi n’est pas toujours suffisant pour maigrir. Une étude publiée dans le journal Current Biology [1] permet d’expliquer pourquoi il en est ainsi : nos corps d’adaptent aux niveaux d’activité plus importants, ainsi les gens ne brulent pas nécessairement plus de calories même quand ils font plus d’exercice.

Les résultats de cette recherche suggèrent qu’il est temps de repenser l’effet de l’activité physique sur la dépense énergétique, expliquent les chercheurs. C’est aussi un rappel sur l’importance de l’alimentation avec l’exercice physique pour atteindre ses objectifs en termes de perte de poids.

"L’exercice physique est vraiment important pour la santé," dit Herman Pontzer de l’Université de New York. "C’est la première chose dont je parle à quiconque pose des questions sur les implications du sport. Il y a des tonnes de preuves qui montrent que l’exercice est important pour garder un corps et un esprit en bonne santé, et cette étude ne change rien à ce message. Ce que notre étude montre, c’est que nous devons aussi nous concentrer sur l’alimentation, en particulier quand il s’agit de gérer notre poids, pour maigrir et éviter de grossir."

Les personnes qui commencent un programme d’exercices physiques pour maigrir constatent souvent une baisse de leur poids (ou une inversion de la courbe de leur poids) après quelques mois. De grandes études comparatives ont aussi montré que les personnes qui ont un mode de vie très actif ont une dépense d’énergie quotidienne qui est identique à celle de populations plus sédentaires.

Le chercheur explique que ceci l’a concerné de près quand il travaillait avec les Hadza, une population de chasseurs-cueilleurs traditionnelle en Tanzanie du Nord. "Les Hadza sont incroyablement actifs, ils marchent sur de longues distances chaque jour et font beaucoup de travail physique assez dur dans leur vie de tous les jours," dit Pontzer. "Malgré ces niveaux d’activité physique élevés, nous avons découvert qu’ils dépensaient autant d’énergie que des gens qui vivaient de façon plus sédentaire, avec des modes de vie modernes comme aux États-Unis ou en Europe. C’était une véritable surprise, et cela m’a amené à réfléchir au lien existant entre l’activité physique et la dépense d’énergie."

Pour explorer davantage cette question dans leur présente étude, Pontzer et ses collègues chercheurs ont mesuré la dépense d’énergie et les niveaux d’activité physique de plus de 300 hommes et femmes pendant une semaine.

Dans les données qu’ils ont collectées, ils ont vu un effet faible mais mesurable de l’activité physique sur la dépense d’énergie quotidienne. Mais une analyse plus poussée a montré que ce modèle ne valait que pour les sujets qui se situaient dans la moitié la plus basse du spectre de l’activité physique (ceux qui faisaient le moins d’exercice). Les individus qui avaient une activité physique modérée tous les jours dépensaient plus d’énergie – environ 200 calories de plus – que les gens les plus sédentaires. Mais ceux qui se situaient au-dessus des niveaux de l’activité physique modérée ne percevaient pas d’effet de ce surcroit d’activité physique en termes de dépense d’énergie."

"Les personnes les plus actives physiquement dépensent la même quantité d’énergie chaque jour que les gens qui ne sont que modérément actifs," dit Pontzer. Les chercheurs ajoutent qu’il est temps d’arrêter de croire que plus d’activité physique signifie toujours plus de calories dépensées. Il peut y avoir un point idéal pour l’activité physique – trop peu et nous ne sommes pas en bonne santé, mais trop d’activité physique et le corps fait de gros ajustements afin de s’adapter.

Les chercheurs envisagent maintenant d’étudier les réactions du corps face aux changements des niveaux d’activité. Ils commencent par regarder les autres changements, comme par exemple le fonctionnement immunitaire et reproductif, qui pourraient expliquer comment le corps s’adapte aux demandes d’activité physique plus importantes sans consommer plus de calories.

Références :

[1] Herman Pontzer, Ramon Durazo-Arvizu, Lara R. Dugas, Jacob Plange-Rhule, Pascal Bovet, Terrence E. Forrester, Estelle V. Lambert, Richard S. Cooper, Dale A. Schoeller, Amy Luke. Constrained Total Energy Expenditure and Metabolic Adaptation to Physical Activity in Adult Humans. Current Biology, 2016.


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