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Pourquoi les boissons sucrées et les repas hyperprotéinés ne vont pas ensemble

mercredi 13 septembre 2017

Le fait de consommer des boissons sucrées avec des repas riches en protéines peut affecter négativement l’équilibre énergétique, altérer les préférences alimentaires et faire que le corps va stocker plus de graisse.

Le Dr Shanon Casperson, auteur principal de cette étude [1], déclare : nous avons découvert qu’un tiers environ des calories supplémentaires apportées par les boissons sucrées n’était pas utilisé, que le métabolisme des graisses était réduit et qu’il fallait moins d’énergie pour métaboliser les repas. Cette diminution de l’efficacité métabolique pourrait ’amorcer’ le corps à stocker plus de gras."

Les chercheurs ont découvert que l’ajout d’une boisson sucrée réduisait l’oxydation des graisses de 8 %, ce qui active la décomposition des molécules de graisse, après un repas. Si une boisson sucrée était consommée avec un repas composé à 15 % de protéines, l’oxydation des graisses diminuait de 7,2 grammes en moyenne. Si une boisson sucrée était consommée avec un repas composé de 30 % de protéines, l’oxydation des graisses diminuait de 12,6 g en moyenne. Alors que le fait de prendre une boisson sucrée augmentait la quantité d’énergie utilisée pour métaboliser le repas, cette dépense accrue ne compensait pas les calories supplémentaires provenant de la boisson.

Le Dr. Casperson déclare : "nous avons été surpris de l’impact que les boissons sucrées avaient sur le métabolisme quand elles étaient associées à des repas hyperprotéinés. Cette combinaison a aussi augmenté le désir des sujets de l’étude à manger des aliments plus salés pendant quatre heures après le repas."

Les chercheurs ont recruté 27 adultes en bonne santé (13 hommes et 14 femmes), qui avaient en moyenne 23 ans. Les participants ont fait deux visites de 24 heures, en recevant deux repas composés à 15 % de protéines (déjeuner et diner) après un jeûne toute la nuit lors d’une visite et deux repas avec 30 % de protéines et un jeûne nocturne lors de leur seconde visite. L’augmentation des protéines était contrebalancée par une réduction des glucides. Tous les repas étaient composés des mêmes aliments et ils fournissaient 17 g de graisse et 500 Calories. Les participants ont consommé une boisson sucrée avec l’un des repas et une boisson non-sucrée avec l’autre repas.

Les chercheurs ont utilisé une pièce calorimètre, qui est une chambre meublée de 25 m3 qui mesure le mouvement, l’oxygène, le dioxyde de carbone, la température et la pression pour évaluer comment les changements d’alimentation affectent la dépense d’énergie et la façon dont les nutriments sont transformés par le corps. En faisant rester les participants dans la pièce calorimètre, les chercheurs étaient en mesure de déterminer combien de grammes de glucides, de protéines et de lipides ils utilisaient et combien de calories ils brûlaient chaque minute. Les participants de l’étude restaient à l’intérieur de la pièce pendant toute la durée de leur visite en laboratoire.

Les chercheurs ajoutent : "nos résultats montrent que le fait d’avoir ajouté une boisson sucrée au repas impacte les deux faces de l’équation de l’équilibre énergétique. Du côté de la consommation, l’énergie supplémentaire provenant de la boisson ne rend pas les gens plus rassasiés. Du côté de la dépense, les calories supplémentaires n’étaient pas dépensées et l’oxydation des graisses était ralentie. Les résultats apportent donc un aperçu du rôle potentiel des boissons sucrées – qui représentent une part importante de l’alimentation occidentale – dans la prise de poids et l’obésité."

Les modifications alimentaires n’ont été mesurées que sur une courte période de temps, et il faut faire attention lors de toute extrapolation des données de cette étude sur des changements alimentaires sur une durée plus longue. Étant donné que cette étude n’a été réalisée que sur des adultes avec un poids de corps normal, les auteurs mettent en garde en ajoutant que les personnes en surpoids pourraient répondre différemment à tout changement de leur alimentation.

Références :

[1] Shanon L. Casperson, Clint Hall, James N. Roemmich. Postprandial energy metabolism and substrate oxidation in response to the inclusion of a sugar- or non-nutritive sweetened beverage with meals differing in protein content. BMC Nutrition, 2017 ; 3 (1).


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