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Réduire les déplacements en voiture aussi efficace qu’un régime

dimanche 30 décembre 2012

Tous ceux qui cherchent un moyen de conserver un poids de santé pendant les festivités de fin d’année, ou qui veulent prendre de bonnes résolutions en début d’année, pourraient y réfléchir à deux fois avant de tendre le bras pour se saisir du traditionnel foie gras ou des chocolats fourrés, à moins qu’ils ne fixent leur attention sur leurs clés de voiture.

Une étude de chercheurs de l’Université de l’Illinois suggère que les trajets en voiture, tout comme les calories consommées, sont deux comportements associés au poids du corps, et que le fait d’en réduire l’un des deux, même dans une faible quantité, est corrélé à une réduction de l’indice de masse corporelle (IMC).

"Nous affirmons que le fait d’opérer des petits changements dans ses déplacements ou ses choix alimentaires pourrait conduire à une réduction de l’obésité qui soit comparable, ce qui implique que les interventions reposant sur les déplacements pourraient être aussi efficaces que celles axées sur l’alimentation" explique Banafsheh Behzad, l’un des auteurs de l’étude publiée dans le journal Preventive Medicine [1].

L’obésité est un problème à plusieurs dimensions comportant de nombreux facteurs sociaux ou médicaux, mais le fait de maintenir son poids de corps est essentiellement le résultat entre l’énergie consommée et l’énergie dépensée. D’autres études ont étudié ces deux problèmes de manière individuelle, ou à un niveau local ou individuel, mais ce groupe de chercheurs voulait étudier les deux faces de l’équation à travers un prisme national. Comme extension des travaux précédents qui ont analysé les relations entre le fait de conduire et l’obésité, ils ont décidé d’utiliser les déplacements en voiture comme facteur de l’activité physique.

"L’un des moyen les plus simples d’être physiquement plus actif est de passer moins de temps dans une voiture. Tout le temps qu’une personne passe assise derrière un volant est l’une des activités les plus facilement modifiable dans une journée" dit Jacobson. "L’automobile est le mode de transport le plus rapide que nous ayons. Mais l’une des conséquences de ce besoin de tout faire rapidement est l’épidémie d’obésité".

Les chercheurs ont utilisé des données disponibles sur l’IMC national moyen, la consommation de calories et les habitudes de transport en voiture. Pour saisir la complexité des relations entre ces trois variables, ils ont développé un modèle à plusieurs variables qui a montré comment les calories consommées et les kilomètres conduits étaient corrélés à l’IMC.

Ils ont trouvé que si tous les adultes des États-Unis conduisaient 1,6 km de moins par jour, le modèle prédisait une diminution associée de l’IMC national de 0,21 kg/m² au bout de six années (l’IMC moyen américain en 2010 était à 27,55). En comparaison, le fait de réduire son alimentation de 100 calories par jour serait associé à une réduction de l’IMC national américain moyen de 0,16 kg/m² au bout de trois ans.

"1,6 km n’est vraiment pas grand-chose" dit un chercheur ". Considérons seulement le fait même de prendre le bus, marcher la distance jusqu’à l’arrêt de bus pourrait avoir un impact identique à celui de manger 100 calories de moins par jour. L’élément principal est que le fait de faire attention à sa consommation calorique et de bouger plus, ensemble, peuvent réduire l’indice de masse corporelle".

Même une réduction modeste de l’IMC, comme celle qui est indiquée dans leurs calculs, pourrait représenter des économies substantielles. Si tous les conducteurs du pays conduisaient 2 km de moins par jour, non seulement la consommation de carburant baisserait, mais les couts de santé annuels chuteraient de plusieurs millions car il y aurait moins d’obèses ou de gens en surcharge pondérale.

"La chose la plus importante à retenir de cette étude est que tout le monde a le choix. Il faut juste être prudent au temps passé assis derrière le volant et à ce qu’on mange. Ces petites modifications du comportement dans les déplacements et de son alimentation peuvent provoquer des changements importants à long terme en ce qui concerne les problèmes d’obésité."

Références :

[1] Banafsheh Behzad, Douglas King, Sheldon Jacobson. Quantifying the association between obesity, automobile travel, and caloric intake. Preventive Medicine, 2012 ; DOI : 10.1016/j.ypmed.2012.11.022.


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