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Rester au lit ou se dépenser quand on est malade

jeudi 8 novembre 2012

Nez qui coule, toux opiniâtre et douleurs partout, la saison des rhumes et de la grippe est arrivée. Bien que votre corps puisse être douloureux et votre nez se vider tel un robinet, il peut être parfois difficile de décider si l’on va continuer son programme d’entrainement ou prendre un peu de repos.

"Nous savons tous que l’exercice physique est la clé d’une bonne santé et des études ont montré qu’il fortifiait le système immunitaire, mais il y a des périodes où le corps a besoin d’un break" explique le Dr Keith Veselik de l’Université Loyola. "Le fait de lever le pied quand vous êtes malade est un peu la manière qu’a "Mère Nature" de dire qu’il ne faut pas abuser et qu’il est raisonnable d’en prendre conscience".

Selon Veselik, la décision de faire du sport ou non peut être traitée au cas par cas, selon l’état pathologique de chacun. Quand on est malade, tout notre corps lutte contre la maladie et cela mobilise de l’énergie. Par exemple, ajouter le stress supplémentaire de l’exercice physique tout en étant malade peut être dangereux pour une personne qui a des problèmes cardiaques. Un individu qui a du diabète pourrait avoir besoin d’enregistrer ses niveaux de glucose plus souvent, surtout s’il ne mange ni ne boit pas normalement, car le fait d’être malade pourrait augmenter les niveaux de glucose et l’exercice physique pourraient les faire baisser. En cas de problèmes médicaux préexistants et dans le doute, le mieux est de demander à son médecin.

Veselik déclare que la règle générale est qu’on peut faire du sport si les symptômes se situent au-dessus du cou, comme un mal de gorge ou un nez qui coule.

Thomas Weidner, de l’Université de l’Indiana, a réalisé une série d’études, pour le moins inhabituelles et uniques dans leur genre, à la fin des années 1990, dans lesquelles des volontaires ont été volontairement infectés par un rhinovirus, mieux connu comme étant le rhume, pour tester de manière expérimentale la question des sportifs malades.

D’abord [1] il a infecté 45 volontaires qui ont commencé par développer un mal de gorge la nuit suivante, et ont affiché tous les symptômes du rhume le troisième jour de l’expérience. Au plus fort de leur maladie, il leur a fait faire une série de tests sur des tapis de course et a comparé les résultats avec ceux de sportifs qui n’étaient pas malades. À sa grande surprise, il n’a trouvé aucune différence dans les performances entre les deux groupes, ni dans le fonctionnement pulmonaire, ni dans aucune autre réaction. En d’autres termes, le fait d’avoir un rhume ne semble pas faire de vous un plus mauvais athlète.

Dans la seconde étude [2], Weidner a infecté 50 volontaires et a fait faire à la moitié d’entre eux 40 minutes d’exercice physique à 70% de leur rythme cardiaque maximum le deuxième jour, tandis que l’autre moitié des participants s’est reposée. Il n’y a eu aucune différence entre les deux groupes pour ce qui est de la sévérité et la durée de leurs symptômes, et en fait, le groupe qui a fait de l’exercice a rapporté se sentir légèrement mieux que l’autre groupe qui n’a rien fait.

"Si vous ne vous sentez pas bien, mais que vous voulez tout de même faire du sport, il faut réduire vos ambitions sur ce que vous pouvez faire. Il n’est pas forcément utile de rester au lit toute la journée, mais vous ne pouvez pas vous attendre à avoir les mêmes niveaux d’énergie que quand vous êtes en pleine forme" dit Veselik.

Cependant, il peut être dangereux de faire du sport avec les symptômes suivants :
- Fièvre,
- Essoufflements ou congestion de la poitrine
- Douleurs dans tout le corps
- Diarrhée ou vomissements
- Etourdissements quand vous vous levez.

En outre, quand on prend la décision de faire tout de même de l’exercice, il faut bien penser à l’endroit où l’on va faire du sport et qui sera susceptible d’être exposé à votre maladie.

Bien que le fait de tousser soit habituellement une bonne chose, ce n’est pas le cas pour ce qui est des germes. Si vous toussez et éternuez, mieux vaudra sauter la séance de Zumba ou de basket-ball, et plutôt opter pour une marche ou une petite course à pieds. Essuyez bien aussi les machines à la salle de gym. Qui sait qui est passé avant et passera après vous.

Le mieux est aussi de ne pas mettre la barre trop haute lors du retour à son programme d’entrainement habituel. Il faut retrouver son rythme à la séance de retour. La durée lors de la reprise devrait être réduite de 50% de même que l’effort, histoire de se remettre doucement en route.

Références :

[1] T. Weidner et al. Effect of a rhinovirus-caused upper respiratory illness on pulmonary fonction test and exercise responses. Medicine & Science in Sports & Exercise, 1997, 29(5), 604-609.

[2] T. Weidner et al. The effect of exercise training on the severity and duration of a viral upper respiratory illness. Medicine & Science in Sports & Exercise, 1998, 30(11), 1578-1583.


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