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Tromper nos esprits pour se remplir l’estomac

mercredi 21 juillet 2010

Une étude présentée lors de la conférence annuelle de la Society for the Study of Ingestive Behavior (SSIB), société de recherche sur tous les aspects du comportement de l’alimentation liquide ou solide, suggère que la clé pour perdre du poids pourrait résider dans la manipulation de nos croyances à propos de la satiété apportée par les aliments avant que nous les consommions, suggérant que le contrôle des portions n’est qu’un problème de perception.

Des participants à des études étaient plus rassasiés pendant de plus longues périodes de temps après avoir consommé différentes quantités de nourriture, dont ils croyaient que les portions étaient plus grosses qu’elles ne l’étaient en réalité.

Les souvenirs à propos du caractère rassasiant des repas passés jouaient aussi un rôle causal en déterminant combien de temps ces repas stoppaient la faim. Considérés ensembles, ces résultats suggèrent que les attentes avant de manger, et les souvenirs après avoir mangé, jouent un rôle important dans la gestion de l’appétit et de la satiété.

Dans la première expérience, on a montré aux participants les ingrédients d’un smoothie aux fruits. On a montré à la moitié d’entre eux une petite portion de fruits, et à l’autre moitié une grosse portion. On leur a alors demandé d’évaluer la "satiété attendue" du smoothie et de donner des évaluations avant sa consommation et trois heures après. Les participants auxquels on avait montré la grosse portion ont rapporté significativement une satiété plus importante, même si tous les participants avaient en réalité consommé exactement la même quantité de fruits.

Dans une seconde expérience, les chercheurs ont manipulé la quantité "réelle" et "perçue" d’une soupe dont les individus pensaient qu’ils l’avaient complètement consommée. En utilisant un bol de soupe tronqué connecté à une pompe cachée sous le bol, la quantité dans le bol était augmentée ou diminuée en même temps que les participants mangeaient, sans qu’ils le sachent. Trois heures après le repas, c’était la quantité de soupe perçue (dont ils se souvenaient) dans le bol, et non pas la quantité réelle consommée, qui avait prédit leur faim après le repas et les évaluations de leur satiété.

Ces résultats peuvent évidemment avoir des implications dans une politique d’étiquetages des aliments plus efficace.

"La portée par laquelle un aliment peut éviter la faim n’est pas uniquement déterminée par sa taille physique, son contenu énergétique, etc. Au lieu de cela, elle est influencée par une expérience préalable avec l’aliment, qui affecte nos croyances et nos attentes à propos de la satiété. Ceci a un effet immédiat sur les tailles des portions que nous choisissons, et un effet sur la faim que nous ressentons après avoir mangé" explique le Dr. Brunstrom.

"Les étiquettes sur les "allégés" et les aliments "régime" pourraient nous conduire à penser que nous ne serons pas satisfaits par de tels aliments, nous poussant peut-être à en manger davantage" ajoute-t-il. "Un des moyens pour lutter contre cela, et d’accentuer les effets potentiels de la satiété, pourrait être de mettre l’accent sur les propriétés rassasiantes d’un aliment en utilisant des étiquetages tels que ’rassasiant’ ou ’élimine la faim’."


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