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Trop de vitamines pourrait être mauvais à la santé

vendredi 11 juin 2010

Une nouvelle recherche montre que loin de nous protéger, les compléments alimentaires aux antioxydants, comme la vitamineC et E, pourraient en fait augmenter les chances de développer un cancer [1].

Depuis 15 ans, vous êtes au fait du monde des antioxydants. Ces derniers temps, avec cette foison de magazines pullulant d’articles sur le sujet des antioxydants, vous êtes presque devenu un expert sur le sujet. Chaque fois que vous en lisez un, que vous allumez la télévision ou allez au supermarché, vous êtes bombardés des déclarations à propos de la capacité de ces éléments chimiques, prétendument miraculeux, qui empêchent les maladies les plus sérieuses, et nous permettraient de vivre plus longtemps.

Il résulte de tout ce battage médiatique que les plus inquiets d’entre nous font désormais leurs courses en fonction du "pouvoir antioxydant" des aliments mis dans le caddie, des fruits aux légumes, en passant par les "enrichis en vitamines", afin de neutraliser ces dangereux "radicaux libres" dans nos corps.

Bien que l’expression "les bons antioxydants et les mauvais radicaux libres" soit devenue un cri de ralliement nutritionnel de toute une génération, les scientifiques remettent en question le rôle complexe que jouent ces éléments chimiques dans nos vies. Ceci a été notamment souligné par de récentes recherches suggérant que loin de nous protéger du mal, les hautes doses d’antioxydants peuvent causer des dégâts significatifs à nos corps.

Les scientifiques de l’Institut du Coeur de Cedars-Sinai à Los Angeles ont rapporté dans le périodique scientifique Stem Cells que de hautes doses de suppléments d’antioxydants, comme les vitamines C et E, augmentaient les risques de modifications dangereuses dans les cellules humaines.

"En terme simples, en prenant de hautes doses de compléments alimentaires d’antioxydants, vous pourriez augmenter vos chances de cancer" explique le Dr Eduardo Marbán, principal auteur de la recherche.

Vous êtes confus ? Avant de regarder de plus près l’explication du Dr Marbán, il serait utile de faire un petit résumé de ce que nous savons à propos des radicaux libres et des antioxydants. Le point de départ est que nos corps génèrent une classe de molécules appelée les "radicaux libres", à la fois sous-produits normaux de nos processus métaboliques, et résultant des contacts avec les polluants.

Ces molécules réactives contiennent des atomes d’oxygène avec un nombre d’électrons impair. Etant donné que les électrons ont une fâcheuse tendance à exister par paire plutôt que dans un état impair, les radicaux libres "cherchent" à grappiller des électrons des molécules toutes proches. Ces dernières sont alors converties en radicaux libres secondaires, mettant en branle toute une chaine de réactions qui endommagent nos tissus.

En 1956, le scientifique californien Denham Harman a proposé une théorie qui a dominé le champ de la recherche sur la vieillesse jusqu’à maintenant. Son idée était que la vieillesse est causée par une accumulation de "stress oxydatif" - les dégâts causés à nos cellules par l’oxygène sous forme de radicaux libres. Ces radicaux libres sont supposés être nocifs pour notre ADN – augmentant nos risques de cancers – en se transforment aussi en molécules de cholestérol, créant une forme réactive d’acide gras qui peut enflammer nos artères, et donc conduire à des crises cardiaques et attaques.

Puis, durant les quelques décennies passées, vint une série d’études sur la population qui a suggéré que les personnes qui mangeaient beaucoup de fruits et légumes, contenant beaucoup d’antioxydants, tendaient à vivre plus longtemps. Des études séparées en laboratoire ont montré que les antioxydants stoppaient les processus chimiques oxydatifs du type de celui sous-jacent à de nombreuses maladies. Les gens ont additionné un plus un et ont trouvé trois : ils ont supposé que le fait d’ingérer de fortes doses d’antioxydants, sous la forme de suppléments, les protégerait des maladies associées à l’âge.

Les premières fissures dans cet argument sont apparues dans les années 1990, quand une grande étude clinique du National Cancer Institute US a provoqué la surprise, et a alarmé, avec sa découverte. Elle a trouvé que l’antioxydant fort populaire qu’est le béta-carotène apparaissait augmenter le risque de cancer du poumon chez les individus prédisposés à cette maladie.

Au milieu de cette décennie, l’excitation initiale à propos de la capacité de la vitamine E à prévenir les maladies cardiovasculaires, et les mêmes espoirs autour des suppléments à la vitamine C supposés allonger notre vie, se sont effacés. "Le message simple est : ’n’achetez pas de suppléments d’antioxydants parce qu’ils ne vous feront pas de bien" dit le Dr David Gems de l’Université de Londres et spécialiste de la vieillesse. "La théorie du stress oxydatif est très branlante. Il est clair que ce n’est pas le seul moteur du processus de la vieillesse."


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