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Une médaille d’or coûte 40 millions d’euros

mardi 1er février 2011

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont calculé le prix avec un modèle qui mesure le nombre de médailles selon les dépenses sportives d’un gouvernement, avec d’autres variables. "Ce modèle permet des mesures précises des charges supplémentaires nécessaires pour gagner chaque médaille" expliquent les professeurs Juan de Dios Tena et Ramón Flores, du Groupe de Recherche en Economie du Sport, qui ont dirigé l’étude.

"Nous avons estimé la relation entre cette dépense et les réussites Olympiques, une fois que les variables économiques, politiques et démographiques pertinentes ont été prises en compte, telles que la taille du pays" dit Tena. Étude présentée lors du groupe de travail "The Economic of the Olympic Games" à Groningen intitulé "les Gouvernements peuvent-ils acheter des médailles Olympiques" (Can governments buy Olympic medals ?) et qui sera publié dans un journal de recherche.

Dans le domaine de l’économie du sport, ces chercheurs ont utilisé des modèles économétriques (habituellement des modèles de régression) pour analyser le phénomène sportif dans lequel il y a des déterminants économiques. L’idée générale de base est qu’il y a plusieurs causes possibles à un phénomène. "Un modèle de régression offre une estimation de l’effet individuel de chacune de ces causes, une fois que les autres sont bien contrôlées" explique le professeur Flores, ce qui lui permet de tirer des conclusions rigoureuses à partir des modèles statistiques qui peuvent déterminer l’influence concrète d’un élément à l’intérieur du contexte sportif.

Le dilemme du renvoi de l’entraineur

Dans le cas des équipes de football, par exemple, le groupe de recherche a analysé le cas de l’entraineur technique, et a découvert que l’effet du renvoi d’un coach pendant la saison est plus négatif que positif quand cette situation survient plus d’une fois. "Changer les entraineurs réduit de moitié le nombre de points obtenus dans les huit matches suivants pour un groupe" note-t-il.

A partir des résultats obtenus durant plusieurs saisons des clubs de la Ligue Argentine, le modèle économétrique qu’ils ont développé a montré une relation inverse entre le nombre de licenciements et les résultats de l’équipe. Pour résumer, plus il y avait de renvois et plus les résultats étaient mauvais à moyen terme.

"Des études similaires, réalisées dans les ligues Européennes, où le nombre de renvois est faible, n’ont pas montré un tel effet, suggérant que le fait d’abuser du nombre de renvois peut générer des conséquences négatives dans ce contexte" concluent les professeurs.

Un autre sujet relatif aux travaux des chercheurs, est l’effet que la Loi Bosman de 1995 a eu sur la compétitivité des clubs de football les plus importants. Avant cette loi, il y avait une limitation stricte du nombre de joueurs étrangers pour chaque équipe dans les compétitions nationales, ce qui faisait que les meilleurs joueurs internationaux disponibles allaient habituellement dans les clubs les plus importants.

Avec la nouvelle législation, qui a éliminé cette limitation, le nombre de joueurs disponibles a beaucoup augmenté, ce qui a fait que les clubs de niveau moyen ou plus faible étaient aussi en mesure de devenir plus forts, et d’augmenter leur niveau tout comme dans les compétitions.

"Afin de mesurer cette augmentation, nous avons utilisé des mesures connues, comme le pourcentage de points obtenu sur le total par les deux, quatre ou dix meilleures équipes dans la ligue, tout en prenant en compte d’autres facteurs qui influencent la modification du marché, comme entrer dans la League des Champions et ses bénéfices qui en résultent". Ils ont noté qu’après que la Loi Bosman soit devenue effective, le ratio de points des deux meilleures équipes a diminué de 2%, et de 4% pour les huit meilleures équipes.

Ce type de données et de recherche peuvent servir pour orienter et aider les processus de prise de décision. En outre, les réponses obtenues peuvent être extrapolées à des contextes plus larges. "Notre intention est de les appliquer abondamment, et de collaborer afin de résoudre certains problèmes qui génèrent des débats dans la société, et qui produisent des conclusions intéressantes. Ces sujets sont rarement étudiés avec la rigueur exigée, et sont trop souvent présentés comme de simples opinions, disent les professeurs.

"A cause de la nature médiatique de tout ce qui est associé au sport, il y a souvent des études statistiques de faible qualité, ou qui sont directement réalisées par des supporters, et obtenues via des méthodes non scientifiques à partir d’échantillons qui se sont pas dignes de confiance du tout."


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