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La taille du pénis est importante au lit

mardi 9 octobre 2012

Contrairement à la phrase passe-partout et rassurante souvent rassérénée aux hommes selon laquelle "la taille n’a pas d’importance", la taille du pénis au lit pourrait bien avoir de l’importance, mais seulement pour certaines femmes, et pour certains types d’orgasmes.

Une étude publiée dans le Journal of Sexual Medicine [1] a trouvé que les femmes qui ont des orgasmes vaginaux fréquents sont plus susceptibles que les autres femmes de déclarer qu’elles ont plus facilement un orgasme avec les pénis les plus grands. Les femmes qui tendent à préférer les relations vagino-péniennes aux autres types de relations sexuelles disent la même chose.

"L’anxiété des hommes en ce qui concerne la taille de leur sexe pourrait ne pas être que le reflet des stéréotypes masculins internalisés et culturellement arbitraires, mais une appréciation précise que la taille importe réellement pour de nombreuses femmes. Tout comme les hommes ressentent une anxiété légitime quand ils entrent sur le marché des relations avec leur intelligence, leurs traits de personnalité, leur sens de l’humour, leur statut social, leur taille, argent et autres caractéristiques connues comme étant favorisées par les femmes à travers les cultures" explique le chercheur Stuart Brody, psychologue à l’Université d’Ecosse Occidentale.

Mais d’autres études étaient beaucoup moins convaincantes.

"Il y a tellement de différences dans les préférences" explique Barry Komisaruk, chercheur spécialisé dans les réactions sexuelles féminines. Les femmes qui ont des orgasmes par stimulation vaginale pourraient effectivement préférer les grand pénis, mais tout le monde ne préfère pas avoir du plaisir de cette façon, dit-il. Il y a tant de facteurs différents qui, une fois qu’ils sont détaillés, obligent à la prudence.

L’orgasme féminin

La taille du pénis comme l’orgasme féminin sont des sujets brûlants. Il y a toujours un débat scientifique en cours sur la façon dont les orgasmes vaginal et clitoridien sont des phénomènes différents. Différents réseaux nerveux portent des signaux depuis le vagin et le clitoris, et la stimulation de chacun active différentes aires du cerveau.

Mais certains chercheurs argumentent en disant que la stimulation vaginale active simplement une section différente, interne, du clitoris. Les femmes rapportent différentes sensations des orgasmes vaginal et clitoridien, mais celui que les femmes préfèrent se réduit largement aux préférences personnelles.

Dans certains cas, l’orgasme féminin est encore plus complexe. Par exemple, Beverly Whipple professeur à l’Université Rutgers, qui déclare avoir découvert le très controversé point G qui serait une région sensible de la paroi vaginale, a trouvé que les femmes blessées à la colonne vertébrale peuvent parfois vivre des orgasmes, même si les nerfs qui transportent la sensation jusqu’à la moelle épinière depuis le bassin ont été sectionnés. Il est probable que le nerf vague sensoriel, qui court dans l’abdomen mais court-circuite la moelle épinière, est recruté pour transporter les signaux jusqu’au cerveau dans ces cas précis.

D’autres recherches ont trouvé que les exercices pour faire des abdominaux provoquaient des orgasmes chez certaines femmes, résultant en des spasmes de plaisir à la salle de sport.

Brody a un point de vue différent sur le sujet, en pointant les études qui avaient trouvé que la capacité à avoir des orgasmes par stimulation vaginale seule est corrélée à un meilleur fonctionnement psychologique, à une meilleure qualité des relations et à une plus grande satisfaction sexuelle.

"Des recherches antérieures, sur un large échantillon représentatif, ont aussi découvert que les femmes qui sont conscientes pendant leurs jeunes années que le vagin est une source d’orgasme féminin, sont plus susceptibles de développer la capacité à avoir des orgasmes vaginaux. Ainsi, celles qui nient ces résultats (et qui insistent ou qui conservent la ligne politiquement correcte) ne font pas de faveur aux femmes, mais pourraient nuire à la santé et au potentiel sexuel des femmes" dit Brody.

La taille importe-t-elle ?

Dans son étude, Brody et ses collègues ont demandé à 323 femmes, principalement des étudiantes Écossaises, de se remémorer leurs rencontres sexuelles passées. On leur a posé des questions à propos de leurs comportements sexuels récents, tout comme sur l’importance qu’elles mettaient dans les relations vagino-péniennes et dans les autres actes sexuels. On leur a aussi demandé si la longueur du pénis influençait leur aptitude à avoir un orgasme via la stimulation vaginale.

En définissant une longueur "moyenne" du pénis entre 14,9 cm et 15,5 cm, en prenant comme références visuelles les billets de banque de 20 Livres Sterling et le Dollar, les chercheurs ont demandé aux femmes si elles étaient plus susceptibles d’avoir un orgasme vaginal avec un pénis plus long que la moyenne ou plus court de la moyenne.

Ils sont trouvé que 160 de ces femmes ont vécu des orgasmes uniquement vaginaux et avaient assez de partenaires sexuels pour avoir pu comparer leurs expériences avec différentes tailles. Parmi elles, 33,8% préféraient des pénis plus longs que la moyenne, 60% déclaraient que la taille n’avait pas fait de différence et 6,3% disaient qu’une taille plus longue était moins agréable que plus courte.

Confirmant l’hypothèse que la taille a de l’importance, Brody et ses collègues ont trouvé que les femmes qui ont rapporté le nombre le plus élevé d’orgasmes vaginaux le mois d’avant étaient plus susceptibles de dire que plus long était mieux. "Cela pourrait être en partie dû à la capacité des plus grands pénis de stimuler le vagin dans toute sa longueur, ainsi que le col de l’utérus" dit Brody.

Découvrir la satisfaction sexuelle

Les données confirment les déclarations de Brody, mais l’échantillon était trop limité et devrait être reproduit sur des groupes plus larges. Néanmoins, cela risque d’en inquiéter plus d’un sous la couette. Whipple déclare que la sexualité est plus saine quand elle se focalise sur le plaisir des actes depuis les caresses ou baisers jusqu’aux autres sensations sexuelles, plutôt que vers le seul objectif d’atteindre l’orgasme. Elle recommande aux femmes d’en apprendre plus sur elles-mêmes, de mieux connaitre leur corps, de trouver ce qu’elles trouvent agréable et ce qu’elles aiment tant que cela n’exploite pas autrui.

Références :

[1] Women Who Prefer Longer Penises Are More Likely to Have Vaginal Orgasms (but Not Clitoral Orgasms) : Implications for an Evolutionary Theory of Vaginal Orgasm. Rui Miguel Costa, Geoffrey Miller, Stuart Brody. Journal of Sexual Medicine.

2 Messages de forum

  • La taille du pénis est importante au lit 16 octobre 2012 16:11, par Benjamin

    Quelle étude et quel article hétérocentristes !! Comme si la taille du pénis et le plaisir qu’il peut apporter au(x) partenaire(s) concerne seulement les femmes. L’orgasme prostatique, ça existe aussi et c’est loin d’être marginal pour ne pas en tenir compte, question de rigueur scientifique. Pour de très nombreux hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes - même s’ils se disent hétérosexuels - la taille du pénis est très importante - et pas juste au lit. De plus, son importance va au-delà du seul plaisir orgasmique traditionnel, c’est imprégné dans l’imaginaire érotique. Le plaisir seulement provoqué par la vue d’un gros membre, de le toucher, le caresser, le sentir dans sa bouche, s’humecter de ses effluves, de le voir grandir encore plus, se délecter de son nectar, sont autant d’expériences érotiques que recherchent les gens, qu’ils soient hommes ou femmes.

    • La taille du pénis est importante au lit 9 mai 2013 12:27, par David

      Qu’il est dommage au nom d’un imaginaire non forgé par l’expérience, de véhiculer une iconographie certes bien réelle mais collective et culturelle, comme un effet de mode.
      Je ne défends pas la cause des petits penis plus que des gros. Étant dans une moyenne haute, l’article invite à réfléchir sur une éventuelle objectivisation égoïste du corps du partenaire, esclave du plaisir personnel, lui-même esclave des images érotiques omniprésentes. Or, l’élitisme de la taille ne repose que sur les aléas de la nature, et je pense que cette différence fonde une réalité autre que la prééminence de la taille. S’il y a une moyenne et si certains sont en-dessus, peut-être que le plaisir facile de céder à l’imagination masque cette découverte de l’intimité personnelle, trop obscurcie par la revendication d’une pseudo-diversité du plaisir. Peut-être qu’au fond, à penser ainsi, hétéro, homo pensent de la même façon, et que le débat est très certainement ailleurs.


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