Accueil du site > Sexualité > Les hormones et le désir sexuel chez les femmes
Les hormones et le désir sexuel chez les femmes

samedi 27 avril 2013

Vous avez envie de faire des cabrioles ? Si oui, il y a de grandes chances que votre niveau d’oestrogènes, et peut-être aussi votre fertilité, soit à son apogée mensuelle. Si non, vous êtes plus susceptible de vivre une abondance de progestérone tueuse de désir, et à la période la moins fertile de votre cycle.

Des chercheurs suspectaient depuis longtemps l’existence d’une corrélation entre les niveaux d’hormones et la libido, mais des scientifiques ont démontré qu’il y avait des indicateurs hormonaux du désir sexuel [1].

"Nous avons découvert deux signaux hormonaux qui ont des effets opposés sur la motivation sexuelle" dit James Roney, l’auteur de l’article. "Les oestrogènes avaient un effet positif, mais avec un délai de deux jours. La progestérone avait un effet négatif persistant, mais le jour J, le jour d’avant et deux jours plus tôt". Quand les niveaux d’hormone et de désir sexuel étaient décomposés par rapport aux cycles menstruels des participantes aux tests, les chercheurs ont trouvé une augmentation mesurable des niveaux de progestérone en même temps que les jeunes femems notaient une baisse de leur motivation sexuelle. La progestérone, disent les chercheurs, sert d’intermédiaire dans cette chute du désir à partir de la fenêtre fertile jusqu’à la phase lutéale, la seconde moitié du cycle menstruel.

"La progestérone qui agit comme un signal d’arrêt potentiel dans les cycles est une découverte récente chez les êtres humains" note Roney. "Nous savions que chez les singes rhésus il y a une corrélation négative forte avec la progestérone et une corrélation positive avec les œstrogènes. Les patterns sont en réalité comparables à ce qu’on trouve chez les primates non humains, mais ils n’avaient pas encore été trouvés chez les êtres humains".

Mais le chercheur fait remarquer que ses résultats ne constituent pas un modèle complet, dans l’attente d’une reproduction de ses résultats avec des femmes d’un âge différent. "Les jeunes femmes de cette étude pourraient être différentes pour plusieurs raisons" dit-il. "Leurs niveaux d’hormones tendent à être un peu différents que ceux des femmes qui sont un peu plus âgées. Et les femmes mariées de 30 ans sont susceptibles d’être plus actives sexuellement, et cela pourrait modifier les modèles d’une certaine façon. Elles tendent aussi à avoir une sécrétion d’hormones plus élevée et des cycles plus réguliers que les jeunes femmes" dit-il.

En fin de compte, dit le chercheur, l’objectif serait d’avoir un meilleur modèle des signaux dans un cycle naturel qui pourrait renseigner la recherche médicale.

Une autre découverte intéressante, selon le scientifique, était l’effet, ou plutôt l’absence d’effet, de la testostérone dans le désir sexuel féminin. "Il y a une croyance populaire dans la littérature médicale selon laquelle la testostérone serait le principal régulateur de la libido des femmes" explique-t-il. "Les médecins tendent à le croire, bien que les preuves ne soient pas si solides chez les humains. Dans les cycles naturels, nous n’avons pas trouvé d’effets de la testostérone. Elle n’était pas un indicateur important."

Roney ne nie pas que la testostérone semble avoir un effet positif dans les thérapies de substitution hormonale, mais il suggère que les effets pourraient être pharmacologiques. "La testostérone a ces effets si vous l’injectez aux femmes ménopausées, et il y a beaucoup de raisons qui pourraient expliquer cela" dit-il. "Par exemple, la testostérone peut être convertie en œstrogène à travers une enzyme particulière. Si vous injectez de la testostérone à des femmes ménopausées, elle pourrait agir comme un outil qui délivre des œstrogènes aux cellules cibles. Ainsi, le fait que cela marche ne veut pas obligatoirement dire que c’est un signal important dans le cycle naturel".

Références :

[1] James Roney, Zachary Simmons. Hormonal predictors of sexual motivation in natural menstrual cycles. Hormones and Behavior, 2013 ; 63 (4) : 636 DOI : 10.1016/j.yhbeh.2013.02.013.


| Bodyscience.fr - Conception : © 2021 François Grandemange - Tous droits reservés | Contacts | SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Mentions légales | About us |